Congo-Brazzaville : après les explosions meurtières, le déminage continue


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Les autorités congolaises poursuivent les opérations de déminage, après les explosions meurtrières à Brazzaville du 11 mars dernier. Avec l’aide de techniciens de l’ONG Mag, toutes les armes repérées seront neutralisées. Mais cela pourrait durer plusieurs mois. Des activités de sensibilisation aux risques et aux dangers liés à la gestion des dépôts des munitions sont également en cours. Suite à la série d’explosions, un nombre très important de munitions ont été projetées tout autour du dépôt, dans les zones habitées.

A Brazzaville, l’ONG britannique MAG est la seule ONG de déminage présente sur le terrain, pour une mission dite de dépollution – une mission financée par l’Union européenne. Trois techniciens, un chef de programme, dix assistants locaux et dix militaires formés par l’organisation sont chargés de dépolluer le site – une opération complexe. 

Les six premiers jours, les spécialistes de MAG se sont affairés à quadriller l’immense zone infestée de munitions. La mise en place d’un périmètre de sécurité a pris du temps, la priorité était d’ouvrir des accès sécurisés pour permettre aux secouristes d’enlever les cadavres. Lionel Cattanéo, le responsable de MAG sur place est l’un des seuls à être allé au plus prêt du cœur de l’explosion. Sa description est sans appel : « Ça ressemble à Ground Zero, un énorme cratère d’une circonférence à déterminer. Tout est détruit, absolument tout ». Les munitions – tous les calibres sont présents sur le site – récupérées au compte-goutte, près de 600 kilos, ont été détruites sur un site isolé lundi 12 mars à 60 kilomètres de la capitale.

« La dépollution prendra des mois, peut être des années, ajoute Lionel Cattanéo. Nous demandons à la population de ne pas rentrer dans le site et de ne pas toucher aux munitions. Le risque d’explosion est très important ». Un numéro gratuit, le 90 90, est en place à Brazzaville. Il permet aux particuliers de signaler à l’armée la présence d’engins explosifs chez eux. Une grande campagne d’affichage devrait être organisée pour sensibiliser la population.

                  

Parallèlement, un travail de sensibilisation aux risques des munitions non explosées a déjà commencé.
Daniel Cattanéo, directeur technique de l’ONG de déminage MAG.
10-10-2013 - Par Nicolas Champeaux

Les risques de sécurité liés à la mauvaise gestion des stocks de munitions 

La mauvaise gestion des stocks de munitions et d’explosifs conventionnels posent d’importants risques de sécurité. Les explosions accidentelles font partie de ces risques. Ce qui vient de se passer à Brazzaville en témoigne, mais on se souvient également de deux explosions particulièrement meurtrières survenues dans des dépôts militaires à Lagos, au Nigeria, en 2002, et à Maputo, au Mozambique, en 2007, qui ont tué plus de 1600 personnes.

Dans ces deux cas, comme au Congo-Brazzaville, le nombre élevé de victimes a été causé par la proximité de zones habitées. D’autres pays dans le continent africain ont également été le théâtre d’explosions de munitions au cours de la dernière décennie : le Soudan, la Guinée, l’Angola, la Côte d’Ivoire, le Kenya et la Sierra Leone.

Le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP) soutient que la gestion efficace des stocks nationaux de munitions requiert une approche globale. Il est impératif de déterminer les lieux de stockage, faire l’inventaire et procéder à des inspections régulières pour assurer la sécurité. Ces mesures sont essentielles, notamment pour évaluer, avec précision, la stabilité et la fiabilité des munitions – une tâche qui exige une formation théorique et pratique du personnel.

Ces mesures s’avèrent d’autant plus indispensables que, parmi les facteurs qui provoquent ces explosions accidentelles, l’un d’eux est précisément la détérioration de la condition physique ou chimique des munitions qui peuvent libérer des agents explosifs. La surveillance et les tests physiques sont donc hautement conseillés afin d’identifier avec précision les munitions « à risques » et les éliminer à temps.
Par ailleurs, des facteurs environnementaux extérieurs, comme le feu et la chaleur, peuvent également provoquer des explosions.

L’autre défi qui s’impose aux autorités gouvernementales est de veiller à ce qu’il y ait une distance de sécurité suffisante entre le site et les habitations civiles environnantes.

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