Kenya: plusieurs morts lors d'une attaque à la grenade à Nairobi

Sur les lieux de l'attentat, la grande station de bus de Machakos, dans la capitale kenyanne, le 10 mars 2012.
© REUTERS/Noor Khamis

Plusieurs explosions mortelles ont frappé Nairobi, la capitale du Kenya, ce samedi 10 mars 2012. Au moins six personnes ont été tuées et une soixantaine blessées lors d’une attaque à la grenade d’une station de bus proche du centre-ville et particulièrement fréquentée. Un acte attribué par la police aux militants islamistes somaliens, les shebabs.

L’attaque a visé Machakos, une des plus importantes stations de bus de Nairobi. C'est le principal point de connections entre les différentes destinations dans le pays depuis la capitale. La station est située sur Landhies Road où se trouve le grand marché de Muthurwa. C’est un quartier très fréquenté à la sortie Est du centre-ville. A ce moment-là, rapporte notre correspondante à Nairobi, des dizaines de personnes attendaient leur bus. Un témoin interrogé par l'Agence France Presse raconte qu'il a vu une voiture passer, avec à son bord une personne qui aurait alors lancé trois engins explosifs. Un bilan encore provisoire fait état d’au moins cinq morts et d'une soixantaine de blessés.

C'est l'une des principales stations d'autobus qui a été visée, près du centre-ville, celle où l'on prend les gros bus pour sortir de Nairobi. Heureusement, le samedi il y a un peu moins de monde qu'en semaine. Il y a des gens qui ont des blessures dues aux explosions elles-mêmes, et d'autres qui ont été blessés dans le mouvement de panique de la foule. Tout le monde a couru pour s'enfuir. La police est venue sur les lieux, les pompiers aussi, et l'évacuation des lieux a été très rapide. La Croix Rouge aussi est venue, avec ses ambulances. On a transporté les blessés les plus graves vers l'Hôpital national Kenyatta, et on s'est occupé des blessés légers.

Nelly MULUKA, porte-parole de la Croix-Rouge kenyane
11-03-2012 - Par Sarah Tisseyre

La piste des shebabs

L'attaque n'a pas encore été revendiquée mais la police kényane affirme que les shebabs, islamistes somaliens, en sont les auteurs. Depuis que les troupes kényanes sont entrées, il y a cinq mois, en Somalie pour combattre les shebabs et soutenir le gouvernement de transition somalien, les insurgés islamistes ont à plusieurs reprises menacé le Kenya de représailles.

Un rapport d’experts des Nations unies avait révélé l’année dernière l’existence du Centre de la jeunesse musulmane au Kenya recrutant activement des djihadistes parmi les Kényans mais aussi d’autres ressortissants d’Afrique de l’Est. Fin octobre, un homme arrêté pour deux attaques à la grenade à Nairobi avait affirmé s’être converti à l’islam et avoir suivi un entraînement en Somalie. Selon certaines sources, depuis décembre, le nombre d’éléments radicaux entraînés en Somalie, et de retour sur le territoire kenyan, a augmenté. En janvier dernier, Sheikh Ahmad iman Ali, ancien président du Centre de jeunesse musulmane, avait été nommé représentant des shebabs au Kenya.

En 2010 déjà, au moins deux attaques à la grenade avaient aussi eu lieu à Nairobi. Leurs auteurs n'ont jamais été identifiés.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.