Nigeria: les suspects du rapt des deux otages européens interrogés par la police

La maison où les deux otages avaient été séquestrés à Sokoto.
© REUTERS/Faruk Uumar

Les révélations tombent au compte goutte sur la mort des deux otages européens, Christopher McManus, un Britannique de 28 ans, et Franco Lamolinara, un Italien de 48 ans, tous deux ingénieurs, tués jeudi 8 mars dans un raid controversé qui visait à les libérer. Plusieurs suspects sont interrogés depuis ce samedi. Ils livrent peu à peu des informations. Mais le flou persiste sur l’identité des ravisseurs.

Cinq à huit suspects ont été appréhendés. Depuis samedi, ils sont interrogés par les SSS, les services de renseignements de la police à Abuja, la capitale fédérale. Une source sécuritaire a déclaré qu’au cours de l’interrogatoire, l’un d’entre eux a indiqué qu’ils avaient tué les deux otages à la vue des forces armées, car ils n’étaient pas sûrs de survivre à l’assaut.

Un aveu qui vient conforter la thèse avancée par les autorités britanniques et nigérianes sur les circonstances du décès des ingénieurs. Il n’empêche, des doutes persistent sur l’identité des suspects.

Au soir de l’opération manquée, le président Goodluck Jonathan s’était empressé de désigner les ravisseurs comme appartenant à Boko Haram. Sauf qu’un porte-parole présumé des extrémistes, Abul Kaka, a fermement nié toute implication. Qu’en est-il réellement ? D’après une source sécuritaire, l’homme désigné comme le cerveau du rapt, qui se fait appeler Abu Muhammad, serait affilié à Aqmi, la branche maghrébine d’al-Qaïda. Il aurait aussi des liens avec Boko Haram.

Il faut dire que le groupe nigérian semble divisé en plusieurs factions. Samedi, le quotidien The Nation écrivait qu’Abu Muhammad pourrait être à la tête de l’une d’entre elles. Sokoto n’est certes pas connu pour être un bastion d’extrémistes, mais il se pourrait bien que la ville soit devenue une zone du repli stratégique à la frontière avec le Niger.

Après les attaques meurtrières de Kano fin janvier, Boko Haram avait d’ailleurs menacé de mener des opérations dans la ville.

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