Maroc : le suicide d'une adolescente mariée à son violeur provoque émotion et protestation

Une femme tient le portrait d’Amina El Filali lors d'un sit-in devant le tribunal local de Larache qui avait approuvé le mariage de la jeune adolescente avec son violeur, le 15 mars 2012.
© ABDELHAK SENNA / AFP

Elle s'appelait Amina El Filali et s'est suicidée en absorbant de la mort aux rats pour échapper à un mariage forcé avec son violeur. Depuis hier le drame de cette jeune marocaine suscite une onde de choc sur la toile. Un drame qui remet en lumière un article du code pénal marocain, plus que problématique puisqu’il fait du viol un simple délit et bénéficie au violeur plus qu'à sa victime.

Amina El Filali avait seize ans. Violée il y a six mois par un jeune homme, les parents avaient d’abord porté plainte avant que les deux familles ne trouvent un arrangement pour réparer la faute : organiser un mariage. Une union sordide à laquelle la jeune fille n’a pas trouvé d’autre moyen d’échapper qu’en avalant de la mort aux rats pour se tuer.

Ce drame, malheureusement, est loin d’être un cas isolé. Le code pénal marocain qui date de 1962 permet au violeur d’une femme mineure de ne pas être condamné s’il épouse sa victime. Un compromis souvent accepté par les familles car il résout un dilemme lourd. Pour beaucoup, poursuivre le coupable veut dire condamner sa fille à subir la honte du viol et à ne jamais pouvoir se marier car elle a perdu sa virginité.

Cet article 475 est depuis longtemps dénoncé par les féministes. Mais depuis jeudi, c’est un véritable raz-de-marée. Les appels à l’abrogation de cette loi se sont multipliés sur la toile. Peut-être que le drame d’Amina servira au moins à ce que les parlementaires s’emparent de cet article de loi profondément injuste pour la victime.

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A Rabat, la capitale marocaine, un sit-in est prévu à midi TU ce samedi 17 mars. Un rassemblement pour exprimer sa solidarité avec l'adolescente de 16 ans qui s'est suicidée le week-end dernier après avoir été contrainte d'épouser son violeur. Les organisations qui appellent à ce mouvement réclament une reforme de cette loi marocaine.

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