Mauritanie: une délégation libyenne à Nouakchott pour négocier l’extradition de Senoussi


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Toujours l'incertitude sur le sort d'Abdallah al-Senoussi, l'ancien chef des renseignements libyen de Mouammar Kadhafi arrêté à Nouakchott dans la nuit de samedi à vendredi. Une délégation libyenne est arrivée, ce lundi 19 mars 2012 dans l’après-midi, dans la capitale mauritanienne pour tenter d'obtenir son extradition.

Les membres de la délégation libyenne sont arrivés en provenance de Paris à bord d'un vol régulier. Ils sont venus expliquer de vive voix ce que Tripoli avait déjà dit : la Libye tient à récupérer Abdallah al-Senoussi. La correspondante de RFI à Nouakchott rappelle que samedi 17 mars, quelques heures après l'arrestation d'Abdallah al-Senoussi, un porte-parole du gouvernement libyen avait indiqué qu'une demande d'extradition avait été envoyée à Nouakchott via Interpol et que le gouvernement était prêt « à détenir Abdallah al-Senoussi dans une prison libyenne et à le juger lors d'un procès équitable».

Dès son atterrissage à Nouakchott, le vice-Premier ministre libyen Moustafa Abou Chagour a souligné « la communauté d'intérêt entre les Libyens et les frères mauritaniens ». Selon lui, l'ex-patron des renseignements de Mouammar Kadhafi « a commis des crimes contre les Libyens, il doit en répondre devant la justice libyenne » et pour cela « toutes les voies seront discutées », notamment, avec le président mauritanien.

Une rencontre devrait avoir lieu mardi et on sait que Tripoli souhaite une réponse rapide de Nouakchott sur ce dossier. La correspondante de RFI à Nouakchott précise qu'il n'existe pas d'accord bilatéral d'extradition entre la Libye et la Mauritanie, mais que les Libyens peuvent faire valoir une convention d'assistance judiciaire liant les pays membres de la Ligue arabe.

La Mauritanie a le choix

La Cour pénale internationale réclame également Abdallah al-Senoussi pour crimes contre l'humanité. La France aussi avait délivré un mandat d'arrêt contre lui dans le cadre du dossier de l'attentat contre le DC10 d'UTA en 1989. Tripoli, La Haye ou Paris ? C'est la Mauritanie qui décidera de la prochaine destination de l'ancien chef des renseignements libyens et pour l'instant, Nouakchott n'a rien dit de ses intentions.