Au Nigeria, contact rompu entre la secte Boko Haram et les autorités


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La secte islamiste Boko Haram écarte désormais la possibilité de nouvelles discussions avec le gouvernement du Nigeria. «Dieu tout-puissant nous a dit à plusieurs reprises que les infidèles ne respectent jamais les promesses faites» indique le porte-parole du mouvement islamiste qui affirme par conséquent que le mouvement ne peut pas prendre au sérieux une quelconque proposition de dialogue émanant du gouvernement. Pourtant de premiers contacts indirects ont été noués et le dialogue avait commencé.

C'est la seconde fois depuis le début de l'année que les ponts sont rompus entre les deux parties. Boko Haram accuse le pouvoir de ne jamais respecter ses promesses. Selon son porte-parole Abu Qaqa, il y a un précédent fâcheux : une tentative de dialogue qui s'était soldée par l'arrestation à Kaduna d'un membre de Boko Haram.

Aussi, dès les contacts préliminaires établis, la première exigence de Boko Haram avait été la libération inconditionnelle de tous ses membres. Un préalable inacceptable pour les autorités, notamment pour les forces de sécurité et les services de renseignement.

Ibrahim Datti Ahmad, qui dirige le Conseil suprême pour la charia au Nigeria (SCSN) et qui servait d'intermédiaire, s'est lui aussi retiré des discussions. Il accuse le pouvoir de manquer de sincérité. Selon lui, ces négociations censées être confidentielles ont été révélées dans les médias, ce qui «nous a énormément embarrassés et a suscité un vif doute dans nos esprits», a-t-il expliqué.

Le pouvoir cherchait-il vraiment à négocier ? Ou a-t-il simplement usé de ce stratagème pour identifier les membres du groupe islamiste ? La question reste en suspens, mais force est de constater aujourd'hui que tous les fils du dialogue sont coupés entre les deux parties.