Republier
Mali

Coup d'Etat militaire en cours au Mali: situation précaire et condamnation internationale unanime

Les mutins apparaissent à la télévision malienne le 22 mars.
© REUTERS/Mali TV

Au Mali, la situation demeure encore très fragile 24 heures après le début du coup d'Etat. A l'heure actuelle, on ne sait toujours pas avec certitude où se trouve le président Amadou Toumani Touré. Dans les rues de Bamako, plusieurs scènes de pillages ont été rapportées, et des hommes armés circulent dans la capitale. Le putsch aurait fait au moins un mort et une quarantaine de blessés. Les mutins ont imposé un couvre-feu de 18h à 6h TU. 

Qui sont les mutins ?

Pour le moment, on sait peu de chose à leur sujet, à part ce qu'ils ont annoncé dans leur déclaration à la radio télévision malienne le 22 mars au matin.

Ces militaires sont apparus en uniforme à la télévision, ils étaient une vingtaine. Ils se sont présentés au nom du CNRDR, le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat. Leur porte-parole, le lieutenant Amadou Konaré, a expliqué comment et pourquoi ils ont décidé de prendre leurs responsabilités en mettant fin « au régime incompétent et désavoué du président Amadou Toumani Touré ». Ils disent avoir agi face à l'incapacité du régime en place de gérer la crise au Nord.
Le président du CNRDR, le capitaine Amadou Sanogo, a annoncé la dissolution des institutions et la suspension de la Constitution. Il a également lancé un appel au calme et a condamné tout pillage.

Bien qu'inconnus, ces militaires souvent jeunes, souvent peu gradés, ont cherché à présenter une image de sérieux et de responsabilité. Ils invitent l'administration à reprendre le travail mardi 27 mars prochain et demandent aux secrétaires généraux des ministères de gérer les affaires courantes jusqu'à la mise en place d'un nouveau gouvernement. Ils se sont engagés à organiser des élections. Ils semblent soucieux de se mettre en contact avec la société malienne et la classe politique pour préparer la suite.

Amadou Toumani Touré serait réfugié avec ses proches à la périphérie de la ville

Depuis l'attaque menée par les mutins au palais de Koulouba, nul ne sait où se trouve le président malien. Deux versions circulent : Amadou Toumani Touré pourrait se trouver dans un camp militaire en périphérie de Bamako, mais certains évoquent toujours une fuite dans un pays voisin du Mali.

Ce soir, les mutins ont ordonné la fermeture de toutes les frontières du pays. Plus aucun avion ne décolle ou n'atterrit à l'aéroport de Bamako. Les voies terrestres sont également fermées.

Condamnations internationales unanimes

Mohamed Bazoum : «Inacceptable»
23-03-2012 - Par Guillaume Thibault

Tandis que le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) se félicite du renversement du président, et que la classe politique malienne se tait prudemment, la communauté internationale, elle, condamne le coup d'Etat militaire.

En Afrique, l'Union africaine, par la voix du président de la Commission de l'UA, Jean Ping, demande aux mutins de mettre un terme à leur action. 

Nous n'acceptons plus les coups d'Etat. La situation au Mali était déjà fort complexe [...] et nous étions en train de chercher des solutions.

Jean Ping
22-03-2012

Kadré Ouédraogo président de la commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest condamne sans réserve ce putsch et ajoute que ceux qui prennent le pouvoir par la force s'excluent de fait de l'institution. Par ailleurs, en marge de la réunion sur la recherche et le développement technologique des pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) en Côte d'Ivoire, les ministres ont évoqué la situation au Mali et condamné avec fermeté les événements. Les 15 pays membres de la Cédéao ont réitéré leur politique de « zéro tolérance » à l'égard de toute tentative de prise ou de maintien du pouvoir par des moyens anticonstitutionnels.

Cet événement nous plonge dans des situations qui nous dépassent. Nous espérons que les choses retrouveront leur cours normal le plus vite possible.

Adrienne Diop
22-03-2012

L'Algérie exprime sa «grande préoccupation» et l'Afrique du Sud appelle les mutins à retourner à la légalité. Quant à Goodluck Jonathan, le président nigérian, il estime que ce coup d'Etat est «un revers» pour la démocratie en Afrique. 

Romain Nadal : la France condamne
23-03-2012 - Par Cyril Bensimon

Du côté européen, Catherine Ashton, à «la tenue d'élections le plus rapidement possible» et la France annonce la suspension de sa coopération et appelle au «respect de l'intégrité physique» du président Amadou Toumani Touré.

Autres réactions, celle du secrétaire général des Nations-unies, Ban Ki-moon, qui appelle au calme. Le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf appelle à des élections et le secrétaire général de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI) exhorte lui, les putschistes «à permettre rapidement au peuple malien de s'exprimer librement sur la situation dans le pays». Le Canada souhaite que les Maliens «règlent par le dialogue» leurs différends et, enfin, les Etats-Unis appellent au retour immédiat de l'ordre constitutionnel.

Les Etats-Unis condamnent la saisie militaire du pouvoir au Mali. Nous appelons au calme et à la restauration sans délai du gouvernement civil dirigé par un régime constitutionnel.

Mark Toner
22-03-2012

 

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.