Banque mondiale : le candidat surprise d’Obama face aux pays émergents

Jim Yong Kim, le candidat des Etats-Unis pour la présidence de la Banque mondiale, avec le président américain Barack Obama.
© REUTERS/Jonathan Ernst

Il y aura trois candidats à la succession de Robert Zoellick à la présidence de la Banque mondiale. Un Colombien José Antonio Ocampo, une Nigérianne, Ngozi Okonjo-Iweala, et un Américain, Jim Yong Kim, un anthropologue. Il a été présenté ce vendredi 23 mars à la dernière minute. Le vainqueur devrait être choisi avant les rencontres de printemps de la Banque - autrement dit avant le 20 avril. Robert Zoellick, l'actuel président de l’institution, doit quitter ses fonctions le 30 juin au plus tard.

Le président américain Barack Obama a choisi Jim Yong Kim, 52 ans, pour succéder à Robert Zoellick à la tête de l’institution d’aide au développement. Médecin et anthropologue formé à Harvard, cet Américain d’origine coréenne dirige actuellement la prestigieuse université Darmouth. Cette nomination constitue une surprise dans la mesure où son nom n’avait pas été mentionné parmi ceux des possibles candidats des Etats-Unis.

Parmi les noms qui circulaient à Washington comme successeurs possibles de Robert Zoellick, il y avait notamment celui de Lawrence Summers, l’ancien secrétaire au Trésor de Bill Clinton et celui de Susan Rice, l’actuelle ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies. Le nom d’Hillary Clinton a également été mentionné mais la chef de la diplomatie américaine a fait savoir qu’elle n’était pas intéressée. Cette dernière aspire, en effet, à se mettre en retrait de la vie politique.

Fronde des pays émergents

A défaut d'être très connu, M. Kim a été directeur chargé du dossier du sida à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Son origine coréenne devrait être un atout à l'heure où les pays émergents remettent en cause l'hégémonie occidentale aux institutions de Bretton Woods. La tradition veut que, depuis la création il y a 60 ans des deux institutions financières internationales, le Fonds monétaire international soit présidé par un Européen et la Banque mondiale par un Américain.

Mais depuis quelques années, ce partage des pouvoirs à la tête, établi entre les Etats-Unis (pour la Banque mondiale) et l’Europe (pour le FMI), fait face à une vague de mécontentement grandissante de plusieurs pays émergents dont la Chine, l’Inde et le Brésil. Le G24, qui regroupe les principaux pays en développement, a réitéré ses réserves sur ce mode de désignation qui exclut une bonne partie du monde. Il réclame notamment une liste de candidatures plus ouverte, sur le modèle des Nations unies, où l’ensemble des membres élisent le secrétaire général.

A l’époque de la désignation du successeur de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, les pays émergents ont eu du mal à s'unir autour d'un seul nom. En raison de leurs divisions internes, ils n’avaient pas présenté de candidature commune et la Chine s’était finalement ralliée à celle de la Française Christine Lagarde. Cette fois-ci, ils ont réussi à se mettre d’accord sur deux noms : la ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, et l'ancien ministre colombien des Finances Jose Antonio Ocampo.

Une candidature africaine sérieuse

Trois pays africains, l'Angola, le Nigeria et l'Afrique du Sud, appuient la candidature de la ministre nigériane des Finances. Ngozi Okonjo-Iweala répond, en effet, à tous les critères de sélection imposés par le conseil d’administration de la Banque mondiale. Cette économiste, formée à Harvard, s’est fait connaître pour avoir mené à bien la renégociation de la dette du Nigeria, ramenée de 35 milliards à 5 milliards de dollars. Ce qui lui a valu d’être élue ministre africaine des Finances de l’année par le Financial Times. Ngozi Okonjo-Iweala a également une expérience de la gestion de grandes organisations, puisqu’elle a secondé Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale en 2007, en qualité de directrice générale.

C’est donc une candidature extrêmement sérieuse qui oblige Washington à lui opposer une personnalité importante. Reste que les Etats-Unis détiennent le plus grand nombre de droits de vote au conseil d’administration de la Banque mondiale. Ils peuvent également espérer le soutien des pays européens et du Japon. L'Afrique n'occupe, elle, que 3 des 25 sièges du conseil.

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