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Egypte

Egypte: l'Assemblée constituante est dominée par les islamistes


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Après des débats houleux, le Parlement égyptien a annoncé à l’aube le 25 mars 2012 la formation de l’Assemblée constituante, chargée de la rédaction de la nouvelle Constitution. Elle est composée de 100 membres majoritairement islamistes. Cette mainmise, annoncée, a provoqué le départ -avant le vote- de la majorité des députés laïcs.

Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

La naissance de l’Assemblée constituante s’est faite au forceps et le bébé pourrait être porteur d’une déformation héréditaire.

En effet, les Frères musulmans et les salafistes composent pratiquement les trois quarts de la Constituante. Plus encore si l’on rajoute les membres de partis islamisants comme Al-Wasat.

Pire, une partie de la minorité laïque élue par les parlementaires a annoncé qu’elle se retirait de la Constituante où elle ne jouerait que le rôle de « figurants ». Des suppléants sont déjà prévus pour les remplacer.

L'Assemblée est sous le feu des experts constitutionnalistes. Ils estiment être sous-représentés dans une Constituante qui comprend, en plus des députés et sénateurs, de nombreux hommes de religion comme le cheikh de l'université d'Al-Azhar et le grand mufti, des acteurs de télévision et des footballeurs sans oublier un militaire.

Il y a aussi les exclus qui, pour beaucoup, sont plus importants que les élus. Parmi eux deux prix Nobel : Mohamed el-Baradei (2005) et Ahmed Zewail (1999) sans oublier le célèbre romancier Alaa El Aswani.

La Constituante doit tenir sa première réunion mercredi au siège du Parlement.

Chaque parlementaire devait établir la liste des 100 personnes qu'il souhaite désigner et déposer ses bulletins dans 14 urnes différentes.

Selon des résultats préliminaires, rapportés par l'agence Mena, l'assemblée compterait :

  • 25 parlementaires affiliés au Parti de la liberté et de la justice (Frères musulmans),
  • 11 élus du parti salafiste al-Nour,
  • 14 élus indépendants ou d'autres partis,
  • 50 non-parlementaires

Initialement, les laïcs voulaient obtenir 20 législateurs et 80 experts juridiques et représentants de la société civile. Les Frères musulmans, qui disposent de près de la moitié des sièges des deux chambres, souhaitaient 40 députés et sénateurs.

Soixante postes devaient être partagés entre les syndicats, dominés par les islamistes, et le reste des composantes sociales.

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