La ville de Kidal, dans le nord du Mali, prise par les rebelles


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Dans le nord du Mali, les choses se sont accélérées. Les rebelles sont entrés ce vendredi 30 mars au matin dans la ville de Kidal, après 24 heures de combats en périphérie de la ville. La junte militaire appelle à un soutien extérieur pour endiguer cette avancée des rebelles dans le nord du pays.

Il y a encore de temps en temps quelques rafales dans la ville, mais elles se font rares. Les gens commencent à sortir de chez eux et la circulation semble reprendre timidement. Globalement, le calme est donc revenu après les affrontements violents de jeudi 29 mars et de ce vendredi matin autour des deux camps militaires.

C’est peu après neuf heures, heure locale, que les rebelles sont entrés en ville. Un habitant les a vus passer devant chez lui : « Ils passent. Ils sont devant ma maison. Ils ne sont pas loin. Ils sont très bien armés. Je vois qu’ils ont des véhicules de l’armée malienne, des Toyota. C’est tout. C’est fini. La ville est prise ».

Les habitants de Kidal, que nous avons pu joindre, assurent que la ville est aux mains MNLA (Mouvement national pour la libération de l'Azawad) et du mouvement islamiste Ansar Dine de Iyad Ag Ghaly. On les reconnaît parce qu’ils crient « Allah Akbar » (« Dieu est grand »), explique un autre habitant de Kidal. Une opération donc menée conjointement, semble-t-il, depuis jeudi 29 mars.

Le colonel Gamou, lui qui commandait les troupes loyalistes à Kidal, a résisté jusqu’à ce matin avant de quitter la ville, après la défection d’une partie de ses hommes. Le gouverneur de Kidal, lui, serait parti se mettre à l’abri également.

Le chef de la junte appelle à un soutien extérieur

Le capitaine Sanogo n’a pas fait mention précisément de la situation à Kidal mais c’est en homme préoccupé qu’il s’est présenté à la presse. Tout d’abord pour répondre aux pressions régionales et aux menaces de sanctions financières et diplomatiques de la Cédéao, il a joué ce matin l’ouverture et la conciliation. Le chef de la junte s’est excusé pour l’incident, indépendant de sa volonté dit-il, intervenu à l’aéroport qui a contraint les chefs d’Etat ouest-africains à rebrousser chemin. La Cédéao a serré le poing jeudi 29 mars à Abidjan, le capitaine Sanogo, lui, tend la main. « Nous avons compris la position de la Cédéao et nous nous félicitons de la volonté de part et d’autre de la volonté de continuer à privilégier le dialogue », a estimé le chef de la junte.

Sur le Nord, il n’a pas caché que « la situation est critique » car, dit-il, « les rebelles continuent à agresser le pays et à terroriser les populations ». Pour relever ce défi sécuritaire mais aussi assurer un processus de normalisation rapide à travers l’organisation d’élections libres et transparentes, le chef du Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat invite les Etats de la Cédéao à soutenir la junte. Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr. Les résolutions prises jeudi 29 mars à Abidjan par l’organisation régionale ne vont pas dans le sens d’une approche conciliante à l’égard des nouvelles autorités maliennes. 

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