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Le Plan national de développement ivoirien, qui vient d'être adopté, veut faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent à l'horizon 2020. Des opportunités s'offrent donc aux entreprises désireuses d'y faire des affaires. Qu'elles soient françaises ou non.

Le message à l'attention des entreprises françaises réunies lundi 2 avril à Paris, au siège d'Ubifrance, pour un atelier d'information sur la Côte d'Ivoire, était très clair : l'année 2013 sera celle du boom ivoirien.

2012 est donc le moment idéal pour s'y préparer. L'agence publique française, partenaire des entreprises qui souhaitent se lancer à l'export, vient elle-même d'ouvrir son bureau à Abidjan, dont le directeur, Gilles Della Guardia, est enthousiaste. « Il y aura tout à faire, considère-t-il, notamment participer à la sous-traitance des grands projets, contribuer à la relance de la consommation et accompagner le boom immobilier. Ces opportunités seront possibles grâce aux étapes de la mi-2012 : la Côte d'Ivoire va atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE, ce qui permettra à la France de signer un contrat de désendettement et de développement (C2D) ; le pays pourra alors emprunter à nouveau pour ses grands projets d'infrastructures ».

Ce C2D est le volet bilatéral français pour l'allègement de la dette, qui s'ajoute aux annulations consenties dans le cadre multilatéral du Club de Paris (initiative PPTE - pays pauvres très endettés).

Un pays émergent à l'horizon 2020

Pour Gilles Della Guardia, cependant, le premier atout de la Côte d'Ivoire est « le goût d'entreprendre des Ivoiriens », soutenu par un Plan national de développement de 11 076 milliards de francs CFA (environ 17 milliards d'euros) qu'Abidjan vient d'adopter. Le PND 2012-2015, qui veut faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent à l'horizon 2020, développe trois axes forts : éducation, santé et infrastructures.

Parmi les nombreux projets : la construction de 40 collèges et 3 nouvelles universités, la réhabilitation de 30 000 salles de classe du primaire, la rénovation de 17 centres hospitaliers régionaux et de 54 hôpitaux généraux, la construction du pont de Jacqueville ou le revêtement de la route Boundiali-Tengrela.

Des investisseurs venus de partout

Esmel E. Essis, directeur général du Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI), a souligné que le PND table sur une croissance de 8,62% en 2012. Un chiffre confirmé par le Fonds monétaire international (FMI).

Ces perspectives ne manquent pas d'attirer des investisseurs venus d'ailleurs. Et pas seulement de France : après que Jean-Luc Ruelle, gérant associé de KPMG-Côte d'Ivoire, a rapporté l'interrogation d'une délégation japonaise en visite à Abidjan, qui s'inquiétait de savoir s'il y avait « une préférence française en Côte d'Ivoire », Esmel E. Essis a souligné que « les Belges sont là, les Espagnols dans les agro-industries, les Canadiens dans les mines. La Côte d'Ivoire n'est pas une chasse gardée de la France, nous recherchons les meilleures expertises. Mais les entreprises françaises sont les bienvenues. D'ailleurs beaucoup sont déjà là ».

Même s'il est difficile à quantifier, le « retour » français en Côte d'Ivoire s'inscrit dans un contexte plus général de redémarrage d'un pays dont « l'administration a été reprise en main depuis juin 2011 », estime Jean-Louis Billon, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire.

Signes tangibles : la compagnie SN-Brussels assure désormais sa rotation 7 jours sur 7, et Air France va changer d'appareil début mai, ce qui lui permettra de proposer 50 places de plus par jour. Ce ne devrait pas être inutile pour transporter les participants au Forum d'affaires franco-ivoirien, organisé par le CEPICI et Ubifrance du 14 au 17 octobre 2012 à l'hôtel Ivoire.