Quatre ans après, la FIDH toujours sceptique sur la situation des droits humains au Tchad

La femme d'Ibni Oumar Mahamat Saleh et son cousin posent devant une photo du leader, le 15 mai 2008.
© AFP/P.Fort

La Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) interpelle les autorités tchadiennes, à l'occasion de la visite au Tchad de la Haut commissaire adjoint aux droits de l'homme de l’ONU (1er-3 avril 2012). Quatre ans après une tentative de prise du pouvoir par des rebelles armés, puis la répression gouvernementale, qui avait abouti à la disparition du principal opposant, Ibni Oumar Mahamat Saleh, et de 136 prisonniers, la FIDH estime dans son rapport que la situation des droits de l'homme a peu évolué.

« Quatre ans après [les événements de février 2008, NDLR], l’impunité plombe les réformes ». C’est le titre du rapport que publie la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

Selon Florent Geel, responsable Afrique de l'organisation internationale, beaucoup des réformes promises au Tchad pour assurer justice et respect des droits de l’homme n’ont pas abouti : « La réforme de la justice était une priorité depuis 2005 et n’a toujours pas été réalisée, réforme du code pénal, réforme du code de procédure pénal. Les auteurs des violations des droits de l’homme de février 2008 n’ont pas été inquiétés. Il n’y a eu aucun procès. Des gens utilisent leur fonction et leur poste pour rester à l’abri des poursuites. Il faut que les tribunaux soient réellement indépendants et puissent juger les auteurs de violation des droits de l’homme ».

La FIDH profite donc de la présence à Ndjamena de la Haut commissaire adjoint aux Nations unies, Kyung-Wha Kang pour lui demander d’interpeller les autorités tchadiennes au sujet des réformes promises et également sur le sort de l’opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu en 2008.

À l'issue de la rencontre, le ministre de la Justice, Abdoulaye Sabre Fadoul, s'est voulu rassurant : « La réforme de la justice est en cours. Des dizaines de milliards ont été injectés par les gouvernements en vue de moderniser la justice à travers des infrastructures neuves, une formation de magistrats, une modernisation de notre législation ».

Sur la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, le ministre a une réponse toute prête : « L’enquête judiciaire est en cours. On ne peut pas parler d’impunité avant même que la justice n’ait eu à se pencher sur ce dossier ».

Abdoulaye Sabre Fadoul assure que l’enquête a été relancée récemment avec la nomination d’un nouveau juge d’instruction.

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