Au Mali, le futur président de transition a rencontré les putschistes


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Au Mali, au lendemain de la démission formelle du président Amadou Toumani Touré dimanche 8 avril, les leaders, junte d'un côté, équipe de Dioncounda Traoré de l'autre, sont entrés dans le vif du sujet dans les négociations pour lancer la période de transition.

« J’ai décidé de vous remettre ma lettre de démission, que vous allez remettre aux autorités compétentes pour permettre l’exercice plein et entier de la disposition de notre article 36 », a déclaré dimanche Amadou Toumani Touré lorsqu'il a tiré sa révérence dans une villa de Bamako.

Le président de l'Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, doit assurer l’intérim après le départ de Amadou Toumani Touré. Il a été reçu ce matin par le capitaine Sanogo à Kati, le quartier général des désormais ex-putschistes.

L’entretien a duré un peu plus d’une heure. Les discussions se sont très bien passées avec le capitaine Sanogo. « Pas de discours tout de suite. Vous serez informés le moment venu », a ajouté le responsable militaire.  « Tout s’est très bien passé », a confirmé Dioncounda Traoré, avant de filer avec son convoi vers Bamako.

Cette venue de Dioncounda Traoré dans le QG de la junte, à Kati, est un signe fort, une main tendue, une marque de respect et d’ouverture envers les militaires qui semble indiquer une volonté commune de débloquer la situation politique rapidement.

Il s'agit maintenant de remettre en route les institutions de la République. Vu ces déclarations, les pourparlers vont sûrement se poursuivre entre Sanogo et Traoré. Il est difficile de connaître les grandes lignes de cet entretien. Les deux hommes, en compagnie du Burkinabè Djibril Bassolé, le facilitateur de la crise, ont sans doute abordé le calendrier de remise du pouvoir aux civils. La Cour constitutionnelle est censée se réunir rapidement pour officialiser la vacance du pouvoir. Amadou Toumani Touré a donné sa démission hier soir, et donc la Cour doit désormais confirmer que Monsieur Traoré est bien le chef de l’Etat par intérim.

Autres questions essentielles, sans doute débattues lors de cette rencontre, car elles doivent être réglées rapidement : le nom du futur Premier ministre qui aura les pleins pouvoirs, la composition du gouvernement consensuel de mission, et enfin, le rôle qu’auront les militaires auteurs du putsch dans le futur.