Boko Haram en renfort des islamistes armés dans le nord du Mali

Des habitants de Gao qui ont fui leur ville arrivent à Bamako après un périple de deux jours en autocar, le 6 avril 2012.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Le nord du Mali est entièrement passé sous contrôle de rebelles touaregs et de différents groupes islamistes, sans que l'on sache vraiment qui s'impose à qui. À Gao notamment, on signalait ce lundi aux côtés du MNLA la présence d'une centaine de combattants du mouvement islamiste nigérian Boko Haram. Ils s'ajoutent à d'autres combattants islamistes, qui eux appartiennent au mouvement Ansar Dine.

Avec notre correspondant à Bamako

En ville, les femmes sont obligatoirement voilées, les bars ont été brûlés, mais Ansar Dine n'a pas touché quelqu'un dans la ville, ils ont même donné un numéro Vert pour pouvoir les contacter si on voit des malfaiteurs
Témoignage d'un habitant de Tombouctou
10-10-2013 - Par Cyril Bensimon

Selon différentes sources, des dizaines de membres de Boko Haram combattent à Gao dans les rangs des islamistes. Ils sont arrivés par petits groupes, et ils renforcent les positions du Mujao, Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, qui affirme être une dissidence d’al-Qaïda au Maghreb islamique.

A Gao, d’après nos informations, ces combattants venus des rangs de Boko Haram, sont de nationalité nigérienne, mais surtout nigériane. Ils étaient soit en formation dans les katibas, cellules au Sahel, quand l’actuelle crise dans le septentrion malien a commencé, soit ils venaient à peine d’arriver sur le terrain, en provenance du Nigeria.

La semaine dernière, ces éléments de Boko Haram avaient participé à l’attaque du consulat algérien à Gao, qui s’est soldée par l’enlèvement d’un diplomate et de six de ses collaborateurs.

Boko Haram - Aqmi, les relations se renforcent chaque jour. Certes, contrairement à Aqmi, Boko Haram n’a toujours pas fait allégeance à al-Qaïda, mais une branche de cette secte séjourne aisément sur les terres des islamistes dans le Sahel. Ils reçoivent une formation militaire dans le maniement des explosifs. Ils reçoivent aussi une formation idéologique.


Colère de Chérif Ousmane Madani Haïdara contre les islamistes

En claquant le doigt, il remplit un stade de 50 à 60 000 places pour ses prêches. Le plus célèbre des prêcheurs maliens, dont l'association compte des milliers de fidèles dans la sous-région ouest africaine, est en colère contre le leader islamiste du nord du Mali, Iyad Ag Ghaly. Et pour deux raisons : il prône la charia et il a donné le nom de Ansar Dine à son groupe armé. Or, depuis 1991, l’association du prêcheur Chérif Ousmane Madani Haïdara s’appelle justement Ansar Dine.


 

Avec notre correspondante à Alger

La confusion règne toujours autour du sort des sept diplomates algériens enlevés à Gao jeudi dernier. Ce lundi, le ministre des Affaires étrangères, Mourad Medelci, a démenti leur libération annoncée la veille dans la presse. Sont-ils toujours aux mains du Mujao qui a revendiqué le rapt ? Où ont-ils été emmenés ? Que réclament les ravisseurs en échange de leur libération ?

Sur toutes ces questions, le gouvernement algérien reste silencieux. Mais cet enlèvement a en tout cas poussé l’Algérie à reprendre la main dans le dossier malien, qui menace de plus en plus de déstabiliser profondément la région. Face aux déclarations de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) qui n’écarte pas une option militaire si le dialogue n’aboutit pas, l’Algérie défend plus que jamais une solution politique.

C’est le message qu’elle a refait passer dimanche à Nouakchott en Mauritanie lors de la réunion des pays du Sahel. Mais elle pourrait quand même fermer sa frontière avec le Mali, longue de plus de 1000 kilomètres, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia. Alger craint que la confusion sur le terrain ne favorise les trafics de drogue et d’armes déjà très importants dans la région. Sans oublier bien sûr le risque terroriste.