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Article publié le : mercredi 11 avril 2012 à 11:28 - Dernière modification le : mercredi 11 avril 2012 à 11:28

Moustapha Niasse, grande figure politique d'Afrique de l'Ouest, analyse l'imbroglio malien

Moustapha Niasse, ancien Premier ministre sénégalais, et leader de l'Alliance des forces du progrès (AFP).res sénégalais
Moustapha Niasse, ancien Premier ministre sénégalais, et leader de l'Alliance des forces du progrès (AFP).res sénégalais
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Par Christophe Boisbouvier

2mars - 10 avril. Au Mali, le putsch est fini. Le capitaine Sanogo a remis le pouvoir aux civils. Moustapha Niasse, grande figure politique d'Afrique de l'Ouest qui fut deux fois Premier ministre du Sénégal et qui vient d'arriver 3ème à la dernière présidentielle, nous livre à chaud ses commentaires. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Le retour de l’ordre constitutionnel à Bamako signifie-t-il que la fermeté de la CEDEAO a payé ?

Moustapha Niasse : Oui, non seulement la fermeté de la CEDEAO, mais la maîtrise par la CEDEAO des mécanismes qui permettent de régler les conflits. Si ce conflit n’avait pas été éteint, c’est peut-être toute la sous-région qui recevrait les contrecoups de cet événement-là. Et franchement, il faut adresser des compliments à la CEDEAO, et l’encourager à continuer de jouer ce rôle de veille pour éviter des coups d’Etat qui se produisent comme ça, parce que simplement, il y a de la passion et des états d’âme.

RFI : Quelques jours après ce putsch, le président Ouattara a menacé le Mali de connaître le même embargo que la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo il y a un an. Est-ce qu’on peut parler d’une jurisprudence Gbagbo ?

M.N. : Il faut peut-être indiquer que l’embargo est une mesure extrêmement nocive pour les Etats et pour les populations. Et les Maliens eux-mêmes ont souligné avec pertinence, que si la Côte d’Ivoire a tenu tant bien que mal, mais difficilement, sous l’embargo, pour le Mali, cela n’aurait pas duré un mois, compte tenu de la situation géographique d’enclavement du pays, de sa dépendance du port d’Abidjan et du port de Dakar et un peu du port de Lomé. Et je pense que la raison a fini par prévaloir. Et la CEDEAO n’a pas eu l’occasion d’imposer l’embargo au Mali. Cela aurait été catastrophique.

RFI : La leçon de l’histoire est-elle que l’on ne peut plus faire de putsch dans un pays enclavé dont le ravitaillement dépend des voisins ?

M.N. : Non seulement cela, mais on ne doit plus pouvoir faire de putsch militaire à la tête d’aucun pays africain. Regardez l’Amérique du Sud. Il y a une quarantaine d’années, c’était le terrain de prédilection des pronunciamientos. Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de coups d’Etat militaires en Amérique latine. Alors l’Afrique est entrée sans doute dans cette ère de liberté et de respect du droit et de la loi des gens. Alors la leçon qu’il faut tirer de cela, c’est qu’un gouvernement militaire à la tête d’un pays, ne peut rien faire de plus que ce que font les gouvernements civils. Il faut seulement que les principes démocratiques soient respectés et que les oppositions puissent avoir les moyens de combattre les régimes lorsqu’ils sont dictatoriaux, comme cela vient de se passer au Sénégal.

RFI : Mais franchement, Moustapha Niasse, s’il y avait un putsch au Nigeria, est-ce que la CEDEAO aurait les mêmes moyens de pression ?

M.N. : Non, la CEDEAO n’aurait pas eu les mêmes moyens de pression, compte tenu de la démographie du Nigeria, de la vaste ère géographique et spatiale du Nigeria. Mais la CEDEAO aurait eu les moyens, non pas d’utiliser l’embargo, mais de mobiliser la communauté internationale, de faire intervenir les Nations unies, l’Union européenne et toutes les institutions du développement, notamment en ce qui concerne les échanges commerciaux, la vente du pétrole. Et au Nigeria comme ailleurs, il faudrait considérer que doivent définitivement être éradiquées du territoire africain toutes menaces de coup d’Etat, toutes tentations qui pourraient amener des militaires à penser qu’ils gouverneraient mieux que les civils.

RFI : Tout de même, il y a huit jours, lors d’un sommet de la CEDEAO à Dakar, on a vu des divergences entre le Burkina Faso, qui était prêt à donner encore un sursis aux putschistes de Bamako, et la Côte d’Ivoire qui restait sur une position très ferme. Y a-t-il encore deux tendances à l’intérieur de la CEDEAO face à ces putschs ?

M.N. : Non, il y a simplement une petite nuance. Le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire est à la tête d’un pays qui a beaucoup souffert d’une longue période d’instabilité et de guerre civile interne. Tout ceci a conduit à des milliers de morts. Donc, c’est peut-être la raison pour laquelle le président Ouattara a, plus que tout autre chef d’Etat africain, conscience de ce que représente cette situation d’instabilité à la tête d’un Etat. Le président Compaoré est un homme remarquable, qui est spécialisé aujourd’hui dans l’extinction des conflits. C’est un médiateur accepté par tout le monde ! Donc les deux approches ont produit une certaine nuance. Mais je pense que l’un et l’autre ont pu, chacun, comprendre que finalement, c’est un compromis qui devait permettre de régler ce problème. La preuve c’est que la fermeté de la Côte d’Ivoire a été utile, et il a fallu l’intervention de la diplomatie burkinabé pour que l’on arrive à l’accord qui a conduit à la démission du président ATT et à l’installation prévue dans les jours qui viennent du président de l’Assemblée nationale, le mieux placé pour diriger le Mali pendant une période d’intérim, avec un Premier ministre.

RFI : Le calme revient au sud, mais la guerre fait rage au nord. Qu’est-ce que vous pensez d’une éventuelle intervention militaire de la CEDEAO ?

M.N. : Vous savez, une intervention offensive sur le terrain ne ferait qu’accentuer la situation de guerre. Par contre, la CEDEAO devrait être en mesure de mobiliser des conscrits, entre 2000 et 3000, pour contenir l’avancée de ce que l’on appelle « les rebelles », de manière à créer les conditions d’une négociation de paix, soutenu par la communauté internationale, pour que, autour d’une table, la paix revienne.

RFI : Une indépendance de l’Azawad, telle que les rebelles du MNLA l’ont proclamée vendredi dernier, est-ce que c’est viable, dans la durée ou pas ?

M.N. : Vous savez, à mon modeste niveau d’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, je dois être très prudent. Par contre, je dois dire que les cinquante et quelque pays africains, souverains, connaissent suffisamment de difficultés dans leur politique de développement. Ces difficultés sont telles qu’une multiplication des Etats africains ne ferait qu’accroître, à mon avis, les obstacles qui s’opposent à ce que l’Afrique puisse se développer. Il faut limiter cette métastase d’Etats africains.

RFI : Il y a déjà assez d’Etats sur le continent.

M.N. : Je le crois. Le moment n’est pas venu pour créer des nouveaux Etats africains.

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(6) Réactions

Revenons sur Terre et re-con-silly-yons nous

Qu'on ne se trompe pas. Quand Trois Touaregs a dos de chameaux font dérouter l’armée Malienne; et que la seule réponse de celle ci reste d'aller déloger un président qui avait déjà fait ses bagages, et de se cramponner au pouvoir tel un enfant qui ne cessait de teter le sein de de sa maman... alors qu'en meme temps les trois Touaregs s'emparent de la plus grande partie du pays... il n'y a aucune raison de se facher contre ce pauvre ancien ministre Sénégalais pour n'avoir pas pu pacifier le chemin des arachides... en Casamance. Il n'est pas Wade et d'ailleurs tu ne peux pas leur retirer le beau discours. Chacun doit etre spécialisé dans quelque chose quand meme. .....

Imbroglio au Mali

J'aurais bien aimer entendre ce monsieur appeler la CDEAO au secours pour "contenir l'avancée" de la rébellion casamançaise.

Wade après avoir violé la constitution de son pays et reprimé dans le sang son opposition, avait crée les conditions d'un coup d'Etat militaire au Sénégal.La différence entre le Sénégal et les autres pays africains c'est que l'armée française y fait le gendarme de l’indépendance à aujourd'hui.Il n'y a pas lieu de se taper la poitrine Monsieur Niasse.Balayez devant votre porte. Réglez la rébellion en Casamance et faites respecter par le nouveau pouvoir les biens publics et les lois de votre pays.

reaction

LA rébellion casamançaise n'avance pas, mieux elle est même sur le point d'être définitivement éteinte. Si vous allez à zIGUINCHOR, les populations vaquent tranquillement à leurs occupations et vivent comme vivent tous leurs compatriotes sénégalais.Tous les symboles et attributs de l'État du Sénégalais y sont visibles et les institutions de la république du Sénégal fonctionnent normalement idem au niveau des localités rurales.Par conséquent où se trouve alors l'ombre d'une seule avancée de la rébellion .L'armée sénégalaise n'est pas l'armée malienne mon cher.

reaction

L'armée française est bien présente en cote d'ivoire, ce qui n'a pas empêché des coup d'État de se perpétrer dans ce pays avec à la clé une guerre civile qui a fait des milliers et des milliers de morts.La différence fondamentale entre le Sénégal et les autres pays est à chercher dans le substrat culturel et sociologique des sénégalais.Les sénégalais sont des gens civilisés qui savent régler leurs contradictions internes par les vertus du dialogue et de la médiation. C'est cela l'exception sénégalaise et rien d'autre monsieur. Le reconnaitre ,c'est permettre aux dirigeants de votre pays ,de s'inspirer de l'exemple sénégalais.

Eh! ce monsieur n'a rien a

Eh!
ce monsieur n'a rien a voir avec Wade. Au contraire il fait parti des opposants qui on été réprimandé.
c'est donc pas a lui de proposer des solutions pour la Casamance encore moins d'appeler la CEDEAO.
c'est mieux d’être tranquille avec l’armée française qui a été designer récemment du Sénégal en 2010. on dirait que tu n'est pas au diapason

Il gaut tout simplement dire

Il faut tout simplement dire que les touaregs sont minoritaires dans le nord du Mali, en conséquence, ils n'ont aucune légitimité pour demander au nom de la majorité.. Pire encore, les bandoits du MNLA sont decriés dans leur propre communauté qui les rejette comme leur représentant!!!

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