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Moustapha Niasse, grande figure politique d'Afrique de l'Ouest, analyse l'imbroglio malien

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2mars - 10 avril. Au Mali, le putsch est fini. Le capitaine Sanogo a remis le pouvoir aux civils. Moustapha Niasse, grande figure politique d'Afrique de l'Ouest qui fut deux fois Premier ministre du Sénégal et qui vient d'arriver 3ème à la dernière présidentielle, nous livre à chaud ses commentaires. Il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Le retour de l’ordre constitutionnel à Bamako signifie-t-il que la fermeté de la CEDEAO a payé ?

Moustapha Niasse : Oui, non seulement la fermeté de la CEDEAO, mais la maîtrise par la CEDEAO des mécanismes qui permettent de régler les conflits. Si ce conflit n’avait pas été éteint, c’est peut-être toute la sous-région qui recevrait les contrecoups de cet événement-là. Et franchement, il faut adresser des compliments à la CEDEAO, et l’encourager à continuer de jouer ce rôle de veille pour éviter des coups d’Etat qui se produisent comme ça, parce que simplement, il y a de la passion et des états d’âme.

RFI : Quelques jours après ce putsch, le président Ouattara a menacé le Mali de connaître le même embargo que la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo il y a un an. Est-ce qu’on peut parler d’une jurisprudence Gbagbo ?

M.N. : Il faut peut-être indiquer que l’embargo est une mesure extrêmement nocive pour les Etats et pour les populations. Et les Maliens eux-mêmes ont souligné avec pertinence, que si la Côte d’Ivoire a tenu tant bien que mal, mais difficilement, sous l’embargo, pour le Mali, cela n’aurait pas duré un mois, compte tenu de la situation géographique d’enclavement du pays, de sa dépendance du port d’Abidjan et du port de Dakar et un peu du port de Lomé. Et je pense que la raison a fini par prévaloir. Et la CEDEAO n’a pas eu l’occasion d’imposer l’embargo au Mali. Cela aurait été catastrophique.

RFI : La leçon de l’histoire est-elle que l’on ne peut plus faire de putsch dans un pays enclavé dont le ravitaillement dépend des voisins ?

M.N. : Non seulement cela, mais on ne doit plus pouvoir faire de putsch militaire à la tête d’aucun pays africain. Regardez l’Amérique du Sud. Il y a une quarantaine d’années, c’était le terrain de prédilection des pronunciamientos. Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de coups d’Etat militaires en Amérique latine. Alors l’Afrique est entrée sans doute dans cette ère de liberté et de respect du droit et de la loi des gens. Alors la leçon qu’il faut tirer de cela, c’est qu’un gouvernement militaire à la tête d’un pays, ne peut rien faire de plus que ce que font les gouvernements civils. Il faut seulement que les principes démocratiques soient respectés et que les oppositions puissent avoir les moyens de combattre les régimes lorsqu’ils sont dictatoriaux, comme cela vient de se passer au Sénégal.

RFI : Mais franchement, Moustapha Niasse, s’il y avait un putsch au Nigeria, est-ce que la CEDEAO aurait les mêmes moyens de pression ?

M.N. : Non, la CEDEAO n’aurait pas eu les mêmes moyens de pression, compte tenu de la démographie du Nigeria, de la vaste ère géographique et spatiale du Nigeria. Mais la CEDEAO aurait eu les moyens, non pas d’utiliser l’embargo, mais de mobiliser la communauté internationale, de faire intervenir les Nations unies, l’Union européenne et toutes les institutions du développement, notamment en ce qui concerne les échanges commerciaux, la vente du pétrole. Et au Nigeria comme ailleurs, il faudrait considérer que doivent définitivement être éradiquées du territoire africain toutes menaces de coup d’Etat, toutes tentations qui pourraient amener des militaires à penser qu’ils gouverneraient mieux que les civils.

RFI : Tout de même, il y a huit jours, lors d’un sommet de la CEDEAO à Dakar, on a vu des divergences entre le Burkina Faso, qui était prêt à donner encore un sursis aux putschistes de Bamako, et la Côte d’Ivoire qui restait sur une position très ferme. Y a-t-il encore deux tendances à l’intérieur de la CEDEAO face à ces putschs ?

M.N. : Non, il y a simplement une petite nuance. Le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire est à la tête d’un pays qui a beaucoup souffert d’une longue période d’instabilité et de guerre civile interne. Tout ceci a conduit à des milliers de morts. Donc, c’est peut-être la raison pour laquelle le président Ouattara a, plus que tout autre chef d’Etat africain, conscience de ce que représente cette situation d’instabilité à la tête d’un Etat. Le président Compaoré est un homme remarquable, qui est spécialisé aujourd’hui dans l’extinction des conflits. C’est un médiateur accepté par tout le monde ! Donc les deux approches ont produit une certaine nuance. Mais je pense que l’un et l’autre ont pu, chacun, comprendre que finalement, c’est un compromis qui devait permettre de régler ce problème. La preuve c’est que la fermeté de la Côte d’Ivoire a été utile, et il a fallu l’intervention de la diplomatie burkinabé pour que l’on arrive à l’accord qui a conduit à la démission du président ATT et à l’installation prévue dans les jours qui viennent du président de l’Assemblée nationale, le mieux placé pour diriger le Mali pendant une période d’intérim, avec un Premier ministre.

RFI : Le calme revient au sud, mais la guerre fait rage au nord. Qu’est-ce que vous pensez d’une éventuelle intervention militaire de la CEDEAO ?

M.N. : Vous savez, une intervention offensive sur le terrain ne ferait qu’accentuer la situation de guerre. Par contre, la CEDEAO devrait être en mesure de mobiliser des conscrits, entre 2000 et 3000, pour contenir l’avancée de ce que l’on appelle « les rebelles », de manière à créer les conditions d’une négociation de paix, soutenu par la communauté internationale, pour que, autour d’une table, la paix revienne.

RFI : Une indépendance de l’Azawad, telle que les rebelles du MNLA l’ont proclamée vendredi dernier, est-ce que c’est viable, dans la durée ou pas ?

M.N. : Vous savez, à mon modeste niveau d’ancien ministre des Affaires étrangères du Sénégal, je dois être très prudent. Par contre, je dois dire que les cinquante et quelque pays africains, souverains, connaissent suffisamment de difficultés dans leur politique de développement. Ces difficultés sont telles qu’une multiplication des Etats africains ne ferait qu’accroître, à mon avis, les obstacles qui s’opposent à ce que l’Afrique puisse se développer. Il faut limiter cette métastase d’Etats africains.

RFI : Il y a déjà assez d’Etats sur le continent.

M.N. : Je le crois. Le moment n’est pas venu pour créer des nouveaux Etats africains.

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