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Article publié le : samedi 14 avril 2012 à 13:35 - Dernière modification le : samedi 14 avril 2012 à 22:41

Des Abidjanais furieux après une série d'articles de «Fraternité-Matin» sur le Probo Koala

La cargaison toxique du Probo Koala, qui aurait dû être décontaminée aux Pays-Bas, avait été répandue dans des décharges autour d’Abidjan, provoquant la mort de 17 personnes en septembre 2006.
La cargaison toxique du Probo Koala, qui aurait dû être décontaminée aux Pays-Bas, avait été répandue dans des décharges autour d’Abidjan, provoquant la mort de 17 personnes en septembre 2006.
AFP / /Issouf Sanogo

Par RFI

Le quotidien gouvernemental ivoirien Fraternité Matin publie depuis une semaine une série d’articles sur l'affaire du Probo Koala, du nom de ce navire qui avait déchargé des déchets toxiques en Côte d’Ivoire en septembre 2006 - plus de 500 tonnes - répandus ensuite sur différents sites d’Abidjan. Deux journalistes du quotidien signent ces articles et s'interrogent, notamment, sur le degré de toxicité de ces déchets. Hier, vendredi 13 avril, des dizaines de victimes du Probo Koala ont manifesté devant le siège du journal.

Près de 100 personnes ont fait le déplacement ce vendredi 13 avril 2012 pour protester contre les articles publiés par Fraternité Matin. Des Abidjanais revendicatifs, avec à leur tête le président de l’une des multiples associations des victimes des déchets du Probo Koala, Denis Pipira Yao, qui dénonce le contenu des articles : « Le quotidien se fait complice de Trafigura par ses écrits ». Trafigura était l’affréteur du navire pollueur.

Les deux auteurs de l’enquête, Jules Claver Aka et Ghislaine Atta, affirment avoir voulu simplement et de façon professionnelle revisiter l’affaire, sans émotion, en se posant une série de questions : « Nous sommes partis du fait que, un site situé dans le quartier du Plateau sur lequel des déchets étaient également déversés depuis 2006, reste non dépollué. Nous avons rencontré les populations qui vivent à côté de ce site et nous nous sommes interrogés sur ce qui se passe pour que des gens puissent vivre encore avec les produits six ans après ».

Les deux journalistes relèvent des incohérences dans les multiples rapports et expertises produits dans l’affaire des déchets du Probo Koala. Une affaire toujours sensible comme le reconnaît, Ghislaine Atta : « L’affaire "Probo Koala" est une affaire qui a vu circuler énormément d’argent. Nous ne présumons pas que les déchets n’étaient pas toxiques. Ce n’est pas ce que nous disons. Ils sont nocifs. Seulement le bât blesse là où l’on parle du degré de cette toxicité ».

Fraternité Matin pose clairement la question : « Les déchets toxiques étaient-ils mortels ? » Les auteurs de l’enquête relèvent, par exemple, que les autopsies pratiquées sur la dizaine de victimes déclarées ne l’ont été que trois mois après leur décès.

Affrété par la société Trafigura, le Probo Koala fut à l'origine de la catastrophe écologique survenue en Côte d'Ivoire en septembre 2006 qui fit une dizaine de morts et 7 000 intoxiqués.

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À consulter :

Quels déchets ? Articles RFI du 12/9/2006.

tags: Côte d'Ivoire - Environnement
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LE PAYS A DES PRIORITES, ON

LE PAYS A DES PRIORITES, ON NE PEUT PAS TOUT FAIRE A LA FOIS!

Le silence coupable du politique

On se souvient que l'affaire avait fait grand bruit au temps de l'ancien régime, celui de Laurent Gbagbo, indexé comme principal instigateur ou complice du déversement des déchets toxiques. L'opposition (RHDP), aujourd'hui, au pouvoir, en avait fait l'un des themes de sa campagne présidentielle. On croyait alors que, une fois au pouvoir, le Gouvernement allait faire toute la lumière, afin de situer les responsabilités. Que nenni! silence radio. Idem sur la question des maisons de placement d'argent, un autre problème qui a sécoué la majorité des citoyens ivoiriens. Alors interrogation:les nouvelles autorités ivoiriennes sont-elles coupables par leur silence ou impuissantes à l'epreuve des faits?

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