Faute de moyens financiers, Madagascar reste toujours sous la menace des criquets


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Il y a plusieurs mois, la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture a lancé l’alerte, affirmant que le fléau pouvait menacer 13 millions de Malgaches, les deux tiers de la population. Cette estimation globale n’a pas suffi à réunir les fonds nécessaires pour écarter totalement le danger et mettre en place des solutions à long terme puisque sur les 7,6 millions de dollars prévus, 2 millions ont pu être mobilisés. La nouvelle campagne d’urgence est en cours. 

Les criquets sont une menace permanente à Madagascar. Souvent présents dans le sud et l’ouest du pays, ils font régulièrement de gros dégâts sur les cultures. En juin 2011, la FAO avait déjà lancé l'alerte.

La situation de cette année s’explique par les fortes pluies, mais aussi par le fait que la campagne de lutte de l’an dernier n’a pu être finalisée, faute de moyens. Les criquets ont continué de se développer massivement, et une deuxième campagne a du être lancée cette année, comme l'indique Alexandre Huynh, représentant par interim de la FAO à Madagascar : « Les fonds ont été et sont encore extrêmement insuffisants cette année puisqu’on a moins de 30 % des fonds nécessaires pour mener l’entièreté de la campagne. Par conséquent, malgré les moyens mis à disposition, malgré tous les efforts du Centre national antiacridien, on sait d’ores et déjà qu’en fin de campagne très probablement, il restera une population résiduelle de criquets qui va continuer de menacer Madagascar. »

En attendant d’avoir un véritable système de prévention qui permettrait d’éviter que les crises ne se répètent, les autorités et les bailleurs suivent de près le développement des larves et la formation des essaims.

« Tant que les criquets passent sur des zones peu habitées et peu cultivées, le risque pour la sécurité alimentaire peut rester relativement limité, explique Alexandre Huynh, Maintenant, il suffit que les vents dominants et la multiplication des criquets aidant, des essaims s’échappent de ces zones pour remonter vers le nord et s’attaquent peut-être à des zones de fortes productions rizicoles, (pour que ce soit) extrêmement grave pour le pays. »

Les autorités s’apprêtent à renforcer leurs équipes dans l’ouest et le moyen-ouest en vue d’éventuels déplacements d’essaims.