Autriche: mort étrange de l'ancien ministre du Pétrole de la Libye

Choukri Ghanem (g) en compagnie de son homologue saoudien (d) en décembre 2009.
© REUTERS / Amr Abdallah Dalsh

Choukri Ghanem, l’ancien ministre libyen du Pétrole, a été retrouvé mort à Vienne, dans des conditions mystérieuses. Le corps de cet homme de réseaux flottait sans vie, dimanche 29 avril 2012 au matin, dans les eaux du Danube. D'autres personnalités libyennes de premier plan ont trouvé refuge à Vienne. Précisions avec notre correspondant.

Avec notre correspondant à Vienne, Blaise Gauquelin

Des zones d’ombre entourent la mort de cet ancien intime de Mouammar Kadhafi. Dans un premier temps, la famille de Choukri Ghanem a affirmé qu’il était mort à son domicile. Quelques heures plus tard, la police démentait cette information et déclarait que son corps avait été retrouvé flottant, dans les eaux du Danube. L’ancien ministre libyen du Pétrole ne portait pas de traces de coups, mais les enquêteurs estiment qu’il aurait pu être poussé.

Des années durant, Choukri Ghanem a fait partie du cercle le plus proche des Kadhafi, avant de tourner le dos au clan en mai 2011, et de trouver refuge en Autriche, comme d’autres personnalités libyennes de premier plan.

L’homme était à la tête de plusieurs compagnies opaques, à son nom, et les services autrichiens du renseignement le soupçonnaient d’avoir mis plusieurs milliards d’euros en sûreté dans des banques suisses et autrichiennes au début du soulèvement en Libye, pour le compte du régime en place.

Vienne, ville refuge aussi pour Moustafa Zarti

Choukri Ghanem n’était pas le seul personnage libyen de premier plan à avoir trouvé refuge à Vienne. Moustafa Zarti, l’ancien homme-orchestre du business libyen, intime de Saïf al-Islam, le fils aîné du guide déchu et son éphémère dauphin présumé, vit toujours avec sa femme et ses enfants dans une villa cossue des hauteurs boisées de l’ancienne capitale des Habsbourg.

Outre ses responsabilités au fonds souverain libyen, il participait jusqu’en février 2011 à la direction de la compagnie pétrolière nationale libyenne (NOC), du groupe pétrolier internationale Tamoil, de la First Energy Bank au Bahreïn, tout en gérant les revenus de la prolifique pêche aux thons.

En juin dernier, sur proposition autrichienne, son nom s’est vu retiré de la liste des vingt-sept personnalités libyennes visées par des sanctions internationales. Vienne arguait qu’aucune preuve ne venait alimenter le soupçon contre Moustafa Zarti.

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