Mali : relatif retour au calme à Bamako


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Un calme relatif est revenu, ce matin, à Bamako bien que des tirs sporadiques aient été entendus, cette nuit, dans la capitale malienne. Après un jour et demi d’accrochages entre parachutistes de l’ancienne garde du président malien renversé, Amadou Toumani Touré et les militaires de l’ex-junte, ces derniers contrôlent finalement toujours la ville. Le dernier bilan fait état de 22 morts et des dizaines de blessés. Une délégation des militaires fidèles au capitaine Sanogo est arrivée ce mercredi 2 mai à Ouagadougou pour rencontrer le médiateur Blaise Compaoré.

Ce matin, à Bamako, la vie semblait avoir repris son cours. Beaucoup d’habitants ont repris leurs activités et la plupart des commerces ont ouvert leurs portes. Les militaires ont installé des barrages autour de l’ORTM (la radio-télévision nationale) et sur la route de Kati qui mène au camp des putschistes du 22 mars. Ils procèdent à des fouilles minutieuses y compris des bagages qui sont sur le toit des minibus.

Ces bérets verts, fidèles au capitaine Sanogo, sont aussi très présents dans la ville. Selon des sources militaires, ce matin, devant l’hôpital Gabriel Touré, ils seraient venus récupérer des blessés pour les amener à Kati, dans leur camp militaire. S’agit-il de leurs blessés ou bien des bérêts rouges – des paracommandos fidèles au président renversé ? Contacté par RFI, le camp Sanogo affirme n’être venu chercher que les leurs – les bérets verts.

Suite aux tirs à l’arme lourde et légère qui ont eu lieu, hier soir, dans plusieurs quartiers de Bamako, certains bérets rouges auraient été arrêtés dès hier mais d’autres seraient toujours cachés en ville. Il y aurait donc encore des poches de résistance, vraisemblablement de bérets rouges. Des témoins ont d’ailleurs rapporté la présence de snipers sur les toits, cette nuit.

Par ailleurs, dans l’après-midi de ce mercredi 2 mai, l'ex-junte a fait, entretemps, évacuer tous les employés de la radio-télévision nationale, à Bamako, qu’elle contrôle, désormais, totalement. L'ORTM avait été attaquée lundi dernier par les forces loyales à l'ex-président Amadou Toumani Touré.

Cet après-midi, dans une déclaration à l’ORTM, le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, a évoqué une tentative de déstabilisation. « Nous avons assisté à une tentative de déstabilisation du pays ces 48 heures, qui se sont soldées par une victoire, temporaire, pas complète encore, de notre armée et de nos forces de sécurité » constituées notamment par des ex-putschistes, a déclaré le Premier ministre.

Reprise de la médiation à Ouagadougou

Sur le plan diplomatique, une délégation de l’ex-junte est arrivée ce mercredi 2 mai à Ouagadougou pour rencontrer le président burkinabè et médiateur Blaise Compaoré. L’objectif, c’est d'analyser les événements des dernières 72 heures et lever les points de blocage, suite aux dernières mesures annoncées, il y a une semaine, par la Cédéao – mesures rejetées par le capitaine Sanogo.

A l'issue de cet entretien, la médiation burkinabè a estimé que les récents affrontements « ne remettent pas en cause » la transition qui a lieu en ce moment. Les institutions sont maintenues, ainsi que le président par intérim, Dioncounda Traoré.

Le 26 avril, l’organisation panafricaine Cédéao avait annoncé que la transition permettant l’organisation d’élections dans de bonnes conditions, devait être « portée à douze mois » alors que les ex-putschistes avancent que la Constitution ne prévoit qu’une durée de quarante jours pour le même objectif.

La Cédéao prévoit également de déployer des troupes au Mali pour sécuriser la transition mais le capitaine Sanogo s’y est d’ores et déjà opposé. Malgré cela, il a aussi assuré que les attaques de lundi dernier ne remettaient pas en cause l’accord-cadre qu’il a signé le 6 avril et qui prévoit le retour du pouvoir aux civils.

Par ailleurs, un sommet de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) prévu demain, sur la Guinée-Bissau, à Dakar, sera finalement élargi pour évoquer la crise malienne.

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