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Mali MNLA

Au Mali, les islamistes d'Ansar Dine font une entrée en force dans Gao


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Au Mali, les forces islamistes d'Ansar Dine ont pris position dans Gao, situé sur le fleuve Niger, à l'est du pays, ce mercredi 9 mai 2012. Elles sont arrivées en force, avec à leur tête leur leader Iyad Ag Ghali. Venu pour rencontrer les religieux et la société civile, le groupe islamiste a apparemment décidé de prendre position dans la ville.

Iyad Ag Ghali a fait une entrée remarquée dans Gao : un important cortège d'une vingtaine de 4X4 militaires est arrivé dans la ville, en fin de matinée. Le chef des forces islamistes d'Ansar Dine s'est présenté dans une tenue traditionnelle blanche.

« C'est une visite de travail, de consultation avec les différentes composantes de la communauté », nous a expliqué l'un des porte-parole du groupe islamiste, ajoutant : « Gao est une grande ville, nous sommes aussi venus sécuriser les gens et leurs biens. Nous, quand on entre dans un lieu, on y reste ».

Dans la continuité des rencontres de Gao à la fin avril et de Kidal la semaine passée, Iyad Ag Ghali devraient rencontrer les chefs religieux, les imans, les marabouts de la ville et des personnalités politiques. Mais cette fois, son groupe à l'air de chercher à s'installer plus durablement dans la ville.

Toute la journée, des combattants ont multiplié les rondes, ce que confirment des habitants. « lls sont très bien armés, il y a au moins quatre à cinq hommes sur chaque pick-up. Ansar Dine se fait voir de la plus forte des manières », nous expliquait un commerçant.

Iyad Ag Ghali doit également rencontrer les membres du MNLA, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad, présents dans la ville. Après l'échec des dernières négociations, le groupe islamiste se place en position de force : « C'est à eux de nous rejoindre, le contraire n'est pas possible », nous a déclaré un porte-parole.

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Cri d'alarme à Tombouctou

Dans 10 jours, la ville risque de ne plus avoir ni électricité, ni eau à cause de la pénurie de gasoil. L'approvisionnement en carburant est vital pour la population de cette cité malienne aujourd'hui sous le contrôle du mouvement Ansar Dine. Le responsable d'Energie Mali à Tombouctou, qui fait l'intérim du directeur régional, est catastrophé.

Il explique qu'avec le carburant qui reste, au plus tard le vendredi 18 mai, il n'y aura plus de courant à Tombouctou et plus d'eau non plus, car c'est le courant qui fait fonctionner les pompes qui approvisionnent la ville. La population va mourir de soif, dit-il.

Il explique que, jusque là, la centrale était approvisionnée depuis Bamako tous les trois mois. Mais les transporteurs ne peuvent plus venir, explique t-il, car il n'y a personne pour les payer.

Ansar Dine demande quand le carburant va venir de Bamako, mais personne ne peut courir le risque de venir.
Mohamed Lamine Boka
11-10-2013 - Par Ghislaine Dupont

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