Algérie - 
Article publié le : vendredi 11 mai 2012 à 06:13 - Dernière modification le : vendredi 11 mai 2012 à 17:35

Législatives en Algérie : mission accomplie pour le pouvoir

Des officiels récupèrent des bulletins de vote, lors des élections législatives à Alger, le 10 mai 2012.
Des officiels récupèrent des bulletins de vote, lors des élections législatives à Alger, le 10 mai 2012.
AFP / Farouk Batiche

Par RFI

Les résultats officiels des législatives en Algérie sont attendus ce vendredi 11 mai. Le taux de participation à ce scrutin a été peu élevé mais plus que pour la précédente consultation. Près de 43% de participation, selon le ministère de l'Intérieur, soit presque 10 points de plus qu'en 2007. Mais ce taux reste faible, surtout dans la capitale et en Kabylie. Le pouvoir s'est en tout cas félicité de ce premier chiffre, qui apparaît crédible pour les partis ayant observé le scrutin. Plus de 21 millions d'électeurs algériens ont été appelés aux urnes hier, jeudi 10 mai pour choisir leurs 462 députés.

Mission apparemment accomplie pour le pouvoir algérien : 42,9% de participation, c’est presque 10 points de mieux qu’en 2007. Et selon les partis politiques qui ont observé le scrutin et le dépouillement, ce chiffre apparaît crédible.

Une voix discordante cependant, celle du RCD, Rassemblement pour la culture et la démocratie, ce parti d’opposition qui a appelé au boycott, estime que le taux a été gonflé.

Pour le président Abdelaziz Bouteflika et les partis de l’alliance présidentielle, en tout cas, ce chiffre comble les attentes affichées avant le scrutin. Depuis des semaines, ils ont fait de la participation l’enjeu majeur de cette élection et matraquer le même argumentaire : voter le 10 mai c’est soutenir le processus de réformes lancé par le président Bouteflika, c’est défendre le changement à un rythme adapté à l’Algérie sans risque d’ingérences étrangères et sans la violence des révoltes arabes.

Le régime a de quoi souffler donc, mais en même temps sa responsabilité est plus que jamais engagée. Il ne pourra plus décevoir les attentes des Algériens.

Alger et la Kabylie, deux bastions de l'abstention

L’abstention selon les chiffres annoncés est finalement moins élevée qu’en 2007. Mais comme prévu la Kabylie a très peu voté : autour de 20% de participation à Tizi Ouzou, même chose pour capitale avec 31% de votants. Alger est nettement en dessous de la moyenne nationale.

Ici, les habitants ne se cachent pas pour exprimer leur désillusion. Le manque de confiance dans la classe politique, le manque de considération pour l’Assemblée nationale sont les principaux arguments invoqués. Les promesses pleuvent à chaque campagne électorale, disent les Algérois, mais à la fin, rien ne change. « Je sais que ma voix sera détournée », nous confiait hier un électeur qui a voté pour soutenir un parti d’opposition, sans grande conviction.

Les grands absents du scrutin à Alger ont été les jeunes, touchés par le chômage et contraints à vivre de l’informel, ou de ce qu’ils appellent l’économie de bazar. Ils ne se sentent pas respectés par leurs aînés. Pourquoi alors cautionner un processus électoral ?

Certains ont tout simplement ici l’impression qu’on se moque d’eux en leur demandant de mettre un bulletin dans l’urne. Hier, beaucoup n’ont pas eu envie de faire l’effort d’aller voter, alors qu’il n’y avait pourtant pas de file d’attente.

A la rencontre de ces Algérois ayant boudé le scrutin par manque de confiance

Reportage autour des bureaux de vote à Alger

 

11/05/2012

Moins de réclamations

Est-ce parce qu'il y a eu plus d'observateurs déployés que pour les précédents scrutins ? En tout cas, il y avait hier soir (semble-t-il) moins de réclamations même si plusieurs irrégularités ont été constatées dans les différentes régions du pays. Premier bilan avec Hafid Kadri, vice-président de la commission nationale de surveillance des élections (commission composée des représentants des partis en lice, indépendante a priori).

Hafid Kadri

Vice-président de la Commission nationale de surveillance des élections

Comparativement aux premières législatives de 2002 et 2007, il a beaucoup moins de plaintes. C’est un point très positif, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu des irrégularités. Un de ces dépassements, c’est par exemple la présence de certains candidats et notamment des ministres qui sont candidats, dans les centres de vote(…) Cela est contraire à la loi.

 

11/05/2012 par Marie-Pierre Olphand

 

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