Législatives en Algérie : la mission d'observation européenne plutôt satisfaite du scrutin


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Malgré la forte abstention, et malgré les accusations de fraudes, les observateurs européens ont salué « un premier pas positif qui doit être approfondi » et plaidé dans le même temps pour plus de transparence. Les dépassements constatés n'entachent pas la crédibilité du scrutin, selon Jose Ignacio Salafranca, chef de délégation de la mission européenne. A Washington, la secrétaire d'Etat américaine s'est félicitée notamment de l'arrivée de 145 femmes dans l'hémicycle.

Ce n’est pas un chèque en blanc que nous donnons aux autorités, voilà ce qu’a tenu à préciser le chef des observateurs européens à Alger, en réponse à une question d’un journaliste.

Il est vrai que le rapport préliminaire présenté hier, adopte un ton très diplomatique. On le sait, en Algérie, la question de souveraineté est particulièrement sensible. Et pour sa première mission dans le pays, l’Union européenne n’a manifestement pas voulu faire de vagues.

Le chef de la mission d’observation n’a pas voulu se prononcer sur la question de fraudes soulevée par certains candidats. José Ignacio Salafranca a simplement rappelé que pour l’instant, les résultats n’étaient que provisoires.

Les observateurs n’ont pas exprimé non plus de doute particulier sur le taux de participation, jugé irréaliste par certains partis. Les Européens ont salué le calme qui a prévalu jeudi dernier, jour du vote, et se sont dit très satisfaits de voir 145 femmes entrer au Parlement.

La délégation a néanmoins plaidé pour plus de transparence dans le processus, dans l’enregistrement des électeurs sur les listes et dans l’affichage des résultats. Dans 60% des bureaux de vote que les Européens ont observés, les chiffres n’ont pas été rendus publics.

L'entrée en force des femmes dans la nouvelle Assemblée

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton s'est félicitée du nombre de femmes élues dans la nouvelle Assemblée, saluant une « avancée de l'Algérie sur la voie des réformes démocratiques ». En effet, les femmes entrent en force dans le nouveau Parlement algérien : elles seront 145, soit plus de 30 % à siéger. C'est le cas de Nabila Adjlout élue députée à Tizi Ouzou, pour le FFS, le Front des forces socialistes, le plus vieux parti d'opposition.

Nabila Adjlout aura bientôt 32 ans. Longue chevelure brune ramassée en queue de cheval, boucles d’oreille discrètes, elle est trilingue mais s’excuse, elle ne parle bien aucune des langues.

Nabila n’est pas novice en politique. Elle a d’abord grandi dans une famille de militants, en Kabylie. Nabila choisit d’étudier les sciences politiques à Alger, puis adhère au FFS à l’âge de 24 ans avant de gravir les échelons et de devenir secrétaire nationale à la culture.
Son parti était contre l’instauration d’un quota pour les femmes car le principe prête le flanc aux critiques.

Nabila promet de s’imposer au Parlement en tant que citoyenne plus qu’en tant que femme. Mais elle se battra pour elle s’il le faut.

Je vais faire en sorte que ma voix soit écoutée. Je ne vais pas être à la marge de cette institution. En tant que femme, je vais faire de mon mieux pour m'imposer. Il faut dire aux hommes que la femme a sa place, a son mot à dire.
Nabila Adjlout
11-10-2013 - Par Marie-Pierre Olphand

Autre réaction, hier soir, celle de la Tunisie voisine qui salue « le succès » des législatives en Algérie. Tunis dit espérer que le Parlement élu va oeuvrer au rapprochement des peuples du Maghreb.

Réactions des Algériens

Le FLN, Front de libération nationale et le RND, Ressemblement national démocratique, les deux partis au pouvoir, ont remporté le scrutin du 10 mai et conservent la majorité à l'Assemblée selon les résultats provisoires. Les islamistes de l'Alliance verte arrivent en troisième position. Comment les Algériens ont-ils reçu les résultats de ces législatives?

Un scrutin marqué, rappelons-le, par une forte abstention, un raz-de-marée du FLN, le parti présidentiel, et aussi par l'entrée à l'Assemblée de 145 femmes députées, à la faveur d'une nouvelle loi sur la parité. Les avis sont très partagés, comme en témoigne ce reportage réalisé samedi soir dans les rues d'Alger, la capitale.

Réactions au lendemain de scrutin législatif
11-10-2013 - Par Marie-Pierre Olphand