Sénégal: le «regard d’Abidjan» à la Biennale de Dakar


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La Biennale des arts contemporains de Dakar a débuté il y a une semaine. Ce grand événement culturel doit tout son dynamisme à la partie « off ». Plusieurs galeries, maisons de mécènes et lieux publics accueillent des designers, des photographes et des artistes plasticiens. Parmi eux, figurent cinq artistes ivoiriens qui exposent dans les locaux d’Eiffage, sur le thème : « un regard sur Abidjan ».

Sur ses toiles, l’artiste Pascal Konan retranscrit des scènes de la vie quotidienne à Abidjan. On peut contempler une femme portant son enfant, un marché en pleine ébullition, le brouhaha des embouteillages. Le tout, dessiné à partir de tâches aléatoires, auxquelles l’artiste ajoute des contours plus sombres, pour rendre une dimension psychédélique à ses œuvres. « En jouant avec les contrastes, en jouant les agents graphiques, ça me traduit une vie. J’ai voulu quand même parler d’Abidjan qui renaît de ses cendres ».

Dans la cour de ce bâtiment au style colonial, l’artiste Romaric Assié représente des symboles du pouvoir de la tradition Akan, comme le lion, l’aigle et le margouillat. L’idée, pour lui, est de revaloriser la notion de pouvoir. « Le lion ici, il signifie la puissance, l’autorité. Tous ces symboles sont synonymes de pouvoir. Mais c’est le pouvoir qui contribue au bien du peuple. Notre patrimoine a été assez riche pour nous aider aussi à régler nos crises ».

Sylvain Sankalé, le commissaire de cette exposition, a voulu privilégier les œuvres de jeunes artistes qu’il a rencontrés à Abidjan. « Je m’étais intéressé à la création en Côte d’Ivoire il ya quatre ans, et à l’époque, j’avais trouvé que c’était assez morne. Et là, à ma grande stupéfaction, j’étais très étonnée de la quantité d’artistes que j’ai pu voir à l’œuvre en Côte d’Ivoire ».

A voir également dans cette exposition, les œuvres d’Ange Martial Méné, largement inspirées de l’art rupestre. Et celles d’Aboudia qui évoquent le quotidien des enfants de la rue.