Mali: vers un rapprochement entre le MNLA et Ansar Dine

Membres du groupe islamiste Ansar Dine près de Tombouctou, le 24 avril 2012.
© AFP PHOTO / ROMARIC OLLO HIEN

Un pas important a été franchi à Gao ce jeudi 17 mai. Selon nos informations, les deux groupes armés, le MNLA et Ansar Dine, qui depuis fin mars contrôlent tout le nord du Mali, sont sur le point de trouver un rapprochement. En parallèle, le médiateur burkinabè de la Cédéao, Blaise Compaoré, a entrepris des consultations avec les groupes armés touaregs et islamistes afin d'entamer des négociations pour la restauration de l'intégrité territoriale du pays.

Les discussions ont été âpres et longues. Il n'est en effet pas aisé, a priori, de faire cohabiter un mouvement séparatiste laïc, le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), et un groupe islamique, Ansar Dine, qui demande l'application de la charia sur l'ensemble du territoire malien. Mais les deux ont en commun d'être originaires de ces terres rugueuses de l'Azawad. « Nous n'avions pas le choix, nous confie un négociateur. Nous étions obligés de nous entendre pour envisager l'avenir de notre futur pays ».

Selon nos informations, Ansar Dine reconnaîtrait donc la revendication indépendantiste ou pour le moins autonomiste du MNLA. En contrepartie, les hommes du colonel Nagim auraient accepté de mentionner la nature « islamique » dans la future instance de l'Azawad. A une condition toutefois : qu'il s'agisse bien d'un islam modéré, tel que pratiqué depuis toujours dans la région.

Il y avait cependant un préalable à cet accord. Le MNLA demandait avant toute chose à Ansar Dine de prendre ses distances avec al-Qaïda au Maghreb islamique. Mais il est difficile de se départir d'un parrain si encombrant et à la fois si généreux. D'après nos informations, Iyad Ag Ghali a fait un premier geste : il a officiellement dénoncé les prises d'otages sur le territoire de l'Azawad. Il aurait également lancé une sorte d'ultimatum au Mujao, mouvement dissident d'Aqmi en lui demandant de libérer au plus vite tous ses otages.

Le médiateur de la Cédéao et les groupes armés du nord du Mali se consultent

La médiation de la Cédéao souhaite désormais concentrer son attention et ses efforts sur la gestion de la crise au nord du Mali. Mais il faut d’abord que la question de la gestion du pouvoir à Bamako soit définitivement réglée. Djibril Bassolé, représentant le président burkinabè Blaise Compaoré, a appelé tous les Maliens à l’instauration d’un climat de confiance et de sérénité à Bamako.

Concernant les mouvements armés du Nord, Blaise Compaoré a déjà pris des contacts. « Le médiateur de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), le président du Burkina Faso, a entrepris des consultations en vue d’élaborer un agenda de sortie de crise au nord du Mali. Il s’agira de parvenir dans les meilleurs délais à un accord entre le gouvernement de transition et les mouvements armés qui préserve l’intégrité du territoire national malien, avec l’implication aux côtés du Mali de la Cédéao, de l’Algérie et de la Mauritanie », a souligné Djibril Bassolé.

Les consultations se déroulent avec une extrême prudence pour ne pas heurter certaines susceptibilités, a précisé Djibril Bassolé. Pour la médiation, il s’agit de proposer à tous les mouvements de se regrouper et venir à la table des négociations avec une plateforme minimale, même si les revendications semblent être paradoxales.

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