Côte d’Ivoire : le Conseil de sécurité de l’ONU évalue la mission de l’Onuci

Une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU est arrivée en Côte d’Ivoire, ce dimanche 20 mai au soir, pour une mission d’évaluation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région. La Côte d'Ivoire est la deuxième étape d'une tournée en Afrique de l'Ouest, après le Libéria. Le Conseil de sécurité de l’ONU entend redéfinir la mission de sa force présente en Côte d’Ivoire, l’Onuci.
L'arrivée de cette délégation de l'ONU intervient plus d’un an après la crise post-électorale qui a plongé la Côte d’Ivoire dans un cycle de violences sans précédent et un an, jour pour jour, après l’investiture du président Alassane Ouattara.
La mission onusienne, qui comprend des représentants des 15 membres du Conseil de sécurité, est co-présidée par les ambassadeurs Kojo Menan (Togo) et Gérard Araud (France). Plusieurs rencontres ont eu lieu ce lundi 21 mai avec notamment le président de la République, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale. Ainsi que l'a souligné, devant la presse, l’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Gérard Araud, plusieurs sujets ont été soulevés tels « la justice pour les nombreuses victimes mais aussi la réconciliation nationale qui est indispensable ; la réforme du secteur de la sécurité, c'est-à-dire la création d’une armée, d’une police et d’une gendarmerie sous les ordres des autorités démocratiques mais aussi la démobilisation de tous les miliciens qui portaient des armes ».
Redéfinition de la mission de l’ONUCI
Le Conseil de sécurité de l’ONU entend redéfinir, avec les autorités ivoiriennes, la mission de sa force - près de 10 000 éléments, casques bleus, policiers et employés civils - présente dans le pays. La mission de l’Onuci, actuellement « militaire », va évoluer pour se concentrer sur « des domaines comme la sécurité, la justice, le développement », a poursuivi Gérard Araud devant la presse. Reste toutefois à définir la forme et la durée du nouveau rôle de l’Onuci. La Côte d'Ivoire, de son côté, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, a souligné l'importance de la mission des membres du Conseil de sécurité de l’ONU.
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« Il faut désarmer »
La délégation de l’ONU s’apprête également à rencontrer la société civile. La Ligue ivoirienne des droits de l'homme (LIDHO) note qu'il y a eu des améliorations au cours des derniers mois grâce à l'engagement du gouvernement. Cependant, l'organisation observe que la situation reste toujours préoccupante. La population est confrontée à un problème d’insécurité quotidien dû, en grande partie, aux délits commis par des hommes armés qui se revendiquent des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et qui sèment la terreur dans certaines régions.
Joint par RFI, René Hokou Legré, président de la LIDHO souligne l’importance du désarmement et de faire la distinction entre les éléments qui ont été retenus pour faire partie des FRCI et ceux qui ne l’ont pas été. Il invite ainsi les Nations unies à s'impliquer davantage aux côtés des autorités ivoiriennes pour une amélioration de la situation sécuritaire sur l'ensemble du territoire.
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Les représentants des 15 membres du Conseil de sécurité partiront mardi matin pour l'ouest de la Côte d'Ivoire, avant de continuer leur séjour en Sierra Leone.

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(3) Réactions
Rien n'est réglé
Je me demande si ceux qui se satisfont d'une soit disante amélioration de la situation sécuritaire vivent la réalité quotidienne de ce pays faite d'exactions de toutes sortes. La crise qui vient risque d'être plus catastrophique que les drames des dix dernières années si ceux qui ont la capacité de faire pression sur le pouvoir d'Abidjan continuent d'ignorer la souffrance d'une grande partie de la population ivoirienne taxée de " pro-gbagbo". Rien n'est réglé dans ce pays où l'impunité a juste changé de camp...
Ni maturation politique, ni droits fondamentaux
Partout où l'Onu s'est éternisé, il n'y a eu ni maturtié politiques, ni considération pour les droits fondamentaux. Au contraire les pays qui abritent des forces onusiennes agitent toujours le chiffon rouge de la destabilisation en cas de retrait ou de désagagement militaire.
La maturation de la vie démocratique ne reste bloqué, car il n'y a pas de volonté du pouvoir de créer les fondamentaux de l'alternance à la tête de l'état. Dans le cas ivoirien, les conditions de la crise poste électorale sont toujous réunies pour se reproduire en 2015: non plus entre deux armées qui se combattraient, mais bien plus dramatique, entre les électeurs du pouvoir et ceux de l'ancien président. Car, en effet, il n'y a aucune confiance de l'opposition dans le processus électoral de 2015, en particulier, la zone contrôlée par l'ex-premier minitre et chef de l'ex-rébellion est dénoncée pour son opacité totale. C'est surtout les mêmes critiques qui ont ont été à l'origine de l'annulation par l'ancienne cour constitionnelle des résultats, de plusieurs bureaux de vote dans cette partie nord du pays.
Amalgames
Les prémisses de cette réaction, sous réserve de vérification, paraissent fondées. Mais le bât blesse là où on fait croire que le nord ivoirien était inaccessible pendant les élections. D'ailleurs cela ne fait guère partie de l'argumentaire de Yao Ndré, des FDS ayant été déployées dans cette région du pays. On ne peut se réconcilier qu'à condition d'un minimum de bonne foi dans chaque camp. Progressons!