«Les Chevaux de Dieu» du Marocain Nabil Ayouch reçoit le prix François Chalais - France - RFI

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Cinéma Festival de Cannes 2012 France Maroc

«Les Chevaux de Dieu» du Marocain Nabil Ayouch reçoit le prix François Chalais

media Nabil Ayouch, réalisateur marocain de "Les Chevaux de Dieu". Festival de Cannes

Le Prix François Chalais 2012, rappelant la mémoire du grand reporter décédé en 1996, a été décerné ce 26 mai au réalisateur marocain Nabil Ayouch pour son long métrage Les chevaux de Dieu, présenté à Cannes dans la sélection officielle Un certain regard.

Comment devient-on kamikaze ? Cette question lancinante n'a cessé de hanter le réalisateur marocain Nabil Ayouch après les attentats de Casablanca de 2003. Dans Les chevaux de Dieu, le cinéaste retrace l'itinéraire intime de deux frères du bidonville de Sid Moumen à Casablanca, et leur évolution, de la délinquance et la misère à l'embrigadement salafiste. Le film montre « comment des gamins de bidonvilles de Casablanca, à travers des années, voient leur destin dévier pour devenir des terroristes qui commettent les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Ce film est inspiré des véritables attentats qui ont frappé Casablanca et qui ont fait 45 morts dans cinq lieux différents ».

La question de l'islamisme politique

Est-ce que l’islamisme est la grande question des sociétés du Maghreb aujourd’hui ? « L’islamisme, je ne sais pas, mais l’islam politique oui. Avec des idéologies qu’il véhicule, explique Nabil Ayouch. L’année dernière a été extrêmement prolixe, à citer des mouvements populaires dans pratiquement tous les pays arabes. Et ces mouvements sont en train de se transformer - pour moi ils ont été kidnappés - par une forme d’islam politique qui est en train de s’emparer du pouvoir. Ma préoccupation réelle est là ».

 

Ce film bouleversant fait ainsi parfaitement écho aux critères de « l'esprit François Chalais qui s'attache à rappeler sans cesse la réalité du monde », souligne le secrétariat du prix.
 
Une minutieuse enquête

 
Les Chevaux de Dieu, ce long-métrage de fiction, présenté dans la section Un certain regard, aurait pu tenir du documentaire : 90% du casting, dont les deux personnages principaux, sont des acteurs non-professionnels, originaires pour la plupart du bidonville de Sid Moumen à Casablanca. Les deux futurs terroristes qui jouent des frères, le sont dans la vraie vie. Le réalisateur a mené une minutieuse enquête sur l'univers salafiste et la jeunesse démunie de Casablanca, allant jusqu'à rencontrer les familles des véritables kamikazes de l'attentat du 16 mai 2003.

 

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