Boni Yayi favorable à une «force» africaine d'intervention avec l'appui de l'ONU


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Boni Yayi est pour la création d'une force d'intervention africaine au nord du Mali, sur le modèle de l'Amisom, en Somalie. En visite à Paris, le chef de l'Etat béninois, président en exercice de l'Union africaine a plaidé pour une saisine du Conseil de sécurité de l'ONU en vue de la création d'une telle force. « Une solution militaire qui doit toutefois venir après le dialogue, a indiqué le président de l'Etat béninois. Mais le dialogue ne doit pas trop durer ».

Les discussions informelles au Conseil de sécurité, sont à un stade assez avancé. L'option souvent évoquée, s'inspire de l'Amisom en Somalie, une force composée de soldats africains, dont la mission rend des comptes à l'Union africaine, mais qui bénéficie d'un important appui logistique et financier onusien, car les soldats sont rémunérés par l'entremise de l'ONU.

Lors de sa conférence de presse à Paris le 30 mai, le président de l'Union africaine Boni Yayi a cité à trois reprises la solution adoptée en Somalie.

Cette mission au Mali poursuivrait deux objectifs : l'accompagnement de la transition et la protection des autorités intérimaires d'une part, la sauvegarde de l'intégrité territoriale du Mali, d'autre part.

A New York, on ne cache pas que ce deuxième volet est particulièrement complexe et même assez nouveau pour l'ONU en Afrique. Ses forces interviennent d'habitude suite à l'obtention d'un accord de paix et avec le feu vert des parties en conflit. Or aujourd'hui, le Mali est coupé en deux, avec un mouvement sécessionniste dans une moitié Nord où sont par ailleurs implantés plusieurs mouvements armés dont Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique.

Réactions

« Nous sommes prêts », affirme Hervé Ladsous, chef du département des opérations de maintien de la paix à l'ONU, lorsque le chef d'Etat béninois Thomas Bani Yayi a indiqué que l'ONU pourrait ainsi décider d'une résolution afin d'appuyer une force d'intervention africaine au Mali.

Hervé Ladsous
11-10-2013 - Par Charlotte Idrac

De son côté, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est sur la même longueur d'onde que le président béninois lorsque ce dernier déclare que « cette solution (militaire) doit venir après le dialogue, mais le dialogue ne doit pas trop durer ». Jean-Yves Le Drian fait part aussi de son inquiétude quant à la déterioration de la situation au Sahel.

Jean-Yves Le Drian
11-10-2013 - Par Olivier Fourt

Les conséquences de la crise sur les populations du Nord 

Avant même l’éclatement de la rébellion au nord du Mali, il était clair que certaines zones du pays seraient confrontées à une situation alimentaire difficile, en raison des mauvaises récoltes de la précédente saison agricole. Le développement de l’insécurité au Nord a rendu la situation alimentaire encore plus fragile, et risque de compromettre la prochaine campagne agricole.

Mamadou Lamine Coulibaly, secrétaire général de la Coordination nationale des organisations paysannes du Mali s'en explique : « Au Nord, les greniers sont pillés. Il n’y a pas un seul grenier qui a échappé. C’est la disette pour les paysans et la bombance pour les rebelles et les voleurs. Même les semences sont endommagées. La priorité pour nous c’est comment sauver la campagne ».

Pour ce responsable paysan, il faut trouver le moyen d’acheminer aux populations concernées une aide alimentaire, mais aussi les semences et les engrais qui permettront de planter quand l’hivernage se sera installé. Toutes les régions du Nord n’ont, semble-t-il, pas été affectées de la même manière par la crise.

Selon Salif Sow, le représentant régional de Fews net, le système d’alerte précoce sur la famine, la région de Gao est la plus menacée. « On risque, dit-il, une situation de catastrophe. L’insécurité civile a complètement coupé la région de Gao. D’abord, de ses sources d’approvisionnement du Sud qui ravitaillent donc toute la région de Gao en céréales et a ensuite, fortement perturbé les marchés dans la région de Gao. Et pour la majorité, les foires hebdomadaires ne se tiennent plus à cause de l’insécurité ».

Le type de pastoralisme pratiqué dans les régions de Kidal et Tombouctou devrait en revanche, selon cet expert, permettre aux éleveurs de profiter du retour des pâturages et de l’eau, pendant la saison des pluies, pour aller se ravitailler dans les pays voisins.

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