Niger / Mali - 
Article publié le : lundi 04 juin 2012 à 14:42 - Dernière modification le : lundi 04 juin 2012 à 14:42

Mohamed Bazoum sur RFI: «L'option militaire est la seule à retenir pour se battre contre Aqmi»

Mohamed Bazoum, ministre des Affaires étrangères du Niger.
Mohamed Bazoum, ministre des Affaires étrangères du Niger.
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Par RFI

« Dans le nord du Mali, il faut que les Algériens sortent de leur attitude de retrait et d'expectative, il faut qu'ils se réveillent ! ». Voilà ce que dit Mohamed Bazoum, le ministre nigérien des Affaires étrangères, et il n a pas sa langue dans sa poche. De passage à Paris, il était l'invité de RFI, au micro de Christophe Boisbouvier.

RFI : Mohamed Bazoum, bonjour. Au nord du Mali, Ansar Dine et le MNLA ont du mal à se mettre d’accord sur la charia. Les mettez-vous tous les deux dans le même sac, ou faites-vous une distinction entre ces deux mouvements ?

Mohamed Bazoum : Pour moi, c’est la même chose. On peut passer du MNLA à Ansar Dine, comme on peut passer d’Ansar Dine au MNLA, avec beaucoup d’allégresse.

RFI : Ce qui veut dire que, pour vous, il n’y a pas de négociation possible avec l’un ou l’autre de ces mouvements ?

M.B. : Il y aura une négociation lorsqu’une offre sérieuse aura été faite, sur la base du principe de l’unité du Mali et de sa laïcité. Lorsqu’il y aura un gouvernement malien sérieux, qui ferait cette proposition, tous ceux qui prendraient cette proposition et accepteraient de discuter, sur les bases que je viens d’indiquer, seraient les bienvenus qui qu’ils soient.

RFI : Le Béninois Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine, propose aujourd’hui le déploiement d’une force internationale au nord du Mali. Est-ce que c’est, pour vous, la solution ?

M.B. : L’option militaire est la seule qu’il y a lieu de retenir, lorsqu’il s’agit de se battre contre Aqmi et tous ceux qui accepteraient d’être associés avec cette organisation jusqu’au bout. Quelle forme cela doit-il prendre ? Cette hypothèse invoquée par le président Boni Yayi est une hypothèse sérieuse. En tout état de cause, le plus simple pour le moment, c’est qu’il y ait une force de la Cédéao, qui aille soutenir une armée malienne à reconstituer dans les meilleurs délais, avec l’implication de toute la communauté internationale - actuellement une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU.

Mais tous les partenaires, les Etats-Unis d’Amérique, la France, sont d’accord pour nous donner la logistique dont nous aurions besoin, et les renseignements qui seront précieux dont seuls eux ont les moyens aujourd’hui pour conduire à bien une telle opération, parce que, cet adversaire qui est Aqmi, est un adversaire contre lequel cette mobilisation me paraît absolument indispensable.

RFI : Donc, concrètement, vous êtes d’accord avec l’idée qu’un Conseil paix et sécurité de l’Union africaine saisisse le Conseil de sécurité de l’ONU ?

M.B. : Oui, tout à fait. Il est urgent, dès l’instant où la Cédéao aura mis un peu d’ordre dans ce qu’elle est en train de faire actuellement au Mali, qu’un Conseil de paix et de sécurité se réunisse, et qu’elle engage cette procédure, pour la faire aboutir au Conseil de sécurité.

RFI : Alors concrètement, cette opération militaire, elle serait menée par qui ? Par les Maliens ou par les pays de la sous région ?

M.B. : Elle serait menée par les Maliens et soutenue par les pays de la sous région. On ne fera pas l’économie d’un engagement de l’armée malienne, qui n’a pas perdu. Donc, dans ce qui a été sa débandade les semaines passées, en vérité, le coup d’Etat de Sanogo a atteint l’armée malienne à son moral, et cela avait concouru à sa débandade. Mais ses forces sont intactes, même si elle a laissé beaucoup d’armes, malheureusement, et dont Aqmi va profiter. Il faut reconstituer l’armée malienne, il faut composer la force en attente de la Cédéao, et il faut définir les moyens de soutien dont tout cela aura besoin, lorsqu’il sera mis en mouvement.

RFI : Parmi les soldats de l’armée malienne, il y en a 600 qui sont repliés au Niger, sous les ordres du colonel Ag Gamou. Est-ce qu’ils pourraient être opérationnels dans une telle hypothèse ?

M.B. : Oui, tout à fait. Ils seront opérationnels. D’autres aussi sont au Mali, en attente. Ils sont nombreux. À mon avis, on comptera beaucoup sur les populations du Nord Mali, qui sont asservies aujourd’hui et qui savent qu’elles n’ont aucun avenir avec de telles perspectives.

RFI : Vous pensez aux milices d’autodéfense ?

M.B. : Toutes les milices d’autodéfense, les troupes du colonel Ould Medou et d’autres encore.

RFI : Est-ce que l’armée nigérienne pourrait participer à cette opération et à quel niveau ?

M.B. : Elle le fera au niveau qui sera requis. Donc, si c’est à l’échelle de la Cédéao, qu’on doit mobiliser 10 000 hommes, le Niger aura son quota. Si c’est une option plus légère de 3 000, le Niger aura son quota, qui fera une option plus importante. Mais pour des raisons évidentes de sécurité intérieure, nous serons prêts à toutes les formes d’engagements qui nous seront assignées.

RFI : Ce sera peut-être des combats dans le désert. Est-ce que les soldats des pays de la Cédéao sont préparés à ce type de combats, dans une zone qu’ils connaissent très mal ?

M.B. : En vérité, il n’y aura pas de combat dans le désert. Aujourd’hui, il y a trois localités qu’il s’agit de libérer et surtout une fois qu’on les aura libérées, les combats changeront de forme et l’aviation aura un rôle prépondérant à jouer.

RFI : Chacun sait que cette opération ne pourra pas réussir sans l’aide de l’Algérie. Est-ce que vous n’êtes pas agacé par le silence des Algériens depuis plusieurs mois ?

M.B. : Moi, je pense que nos frères algériens ont commis quelques erreurs, ne serait-ce que de communication. Nous étions dans le Cemoc ensemble, et le comité d’état-major opérationnel unifié était conçu pour faire face à de telles situations. Or, depuis que cela est arrivé au Mali, le Cemoc a été mis en hibernation. Je pense que pour le prestige de l’Algérie, pour son rôle dans la sous région, ils doivent se ressaisir.

Je ne désespère pas aujourd’hui encore. Il y a lieu que nous parlions encore plus à nos frères Algériens, que nous leur demandions de se réveiller, et de jouer leur rôle, parce que personne ne sera là à le faire à leur place. Et je ne vois aucune raison qui puisse justifier cette situation de retrait, d’expectative, de la part de l’Algérie aujourd’hui.

RFI : Vous ne craignez pas que le déploiement d’une force internationale à la frontière sud de l’Algérie n’effraie les Algériens ?

M.B. : Elle ne doit pas les effrayer, si les Algériens sont partie prenante à la conception de l’opération et à sa mise en œuvre aussi. Pourquoi pas ?

RFI : Mohamed Bazoum, merci.

tags: Algérie - AQMI - Mali - Niger - ONU - Terrorisme
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(18) Réactions

le ministre nigérien a

le ministre nigérien a parfaitement raison d'être solidaires des maliens

A tous ceux qui aiment le Mali

Mes chers freres et soeurs:

Je constate avec une tres grande amertume que certains ne se rendent pas compte de la gravite de ce qui se passe actuellement dans notre pays le Mali.
Le Nord du Mali est pris en otage! Nos parents, nos freres et soeurs sont en detresse et l espoir s aiguise de jour en jour.

Si les institutions ne sont pas retablies et qu au sein du gouvernement, tous ne soufflent pas dans la meme trompette, nous serons tous voues a un echec patent.

Pour que la communaute internationale puisse envisagee quoi que ce soit, il faudrait que certaines conditions soient reunies a la hauteur du risque ou des risques a prendre.

Je suis d accord avec cet intervenant qui dit que lorsque la case du voisin brule, il faut l aidea eteindre le feu. Ceux qui ont le Nord en main sont des criminels et des terroristes qu il faut demanteler par tous les moyens.

Je pense aussi que face a cette crise, ceux qui ne sont ni du nord et ni au Nord auront une vision tres banale de la crise actuelle, resaisissons nous et prions pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

Nous avons besoin de toute l assistance necessaire et dans les brefs delais afin de recouvrer l integrite de notre Mali Cher et aime.

Merci

COURAGE BAZOUM

Quand un syndicaliste devient Homme Politique, il doit être capable de dire haut ce que les autres pensent bas !Je suis vraiment d'accord avec ton analyse BAZOUM, car contre Aqmi il n'y a que l'option militaire pour libérer le nord du Mali.
Pour ceux qui parlent de touareg, dans le nord Mali il y a plusieurs communautés telles que Arabes, Songhoy, peul etc.
Donc la zone NORD DU MALI n'appartient pas uniquement aux touareg qui sont mêmes minoritaires!

Le ministre Nigerien a bien vu

Monsieur le ministre vos propos sont très claires comme l'eau de roche, si les autorités maliennes n'arrivent pas à se mettre d'accord, à conjuguer leurs effort pour mettre une stratégie en place pour la reconquête du territoire, alors nos bon voisins le feront à notre place.Lorsque la case du voisin brûle, alors il faut l'aider à éteindre le feu.

intervention Mali

Je suis surpris que Mr le Ministre du Niger pense à la place du gouvernement malien, voire à la place du peuple malien sur la façcon de résoudre cette crise. Pis il dit même que l'armée nigérienne prendra part à des opérarions militaires au Mali et il semble avoir coordonné cela avec les colonels Gamou et Ould Meydou. Sachez que le Mali est un pays souverain et que même s'il est aujourd'hui en difficulté, il ne peut permettre une telle ingérence d'un de ses voisins. Mr le Ministre doit se rappeler que déclencher une guerre aux frontières du Niger ne sera pas bon pour sa sécurité. Moi je pense que le Niger peut jouer un rôle extrêmeent important dans les négociations pour aider son voisin le Mali à sauvegarder son unité et sa souverainté. Dans son propos, le Ministre ne fait pas la différence entre les Maliens du nord du pays et les terroristes internatioanux qui écument ces espaces. Cela sent une volonté de nottoyage ethnique, j'espère que je me trompe.
Vive le Mali en paix et reconcilié avec lui même et vive le peuple touareg, maure songhoi et peulh, qui vivent au Nord dit Azouad! Ag Hama

Tout de suite les gros mots:

Tout de suite les gros mots: nettoyage ethnique, tu sais de quoi tu parles?
Et puis sans vouloir te decevoir notre armée, qui nous a couvert de honte (nos fiers ancetres doivent se retourner dans leurs tombes), ne donne pas de signe de reconquete et les 2/3 du pays sont occupés par des soit disant rebelles et des islamistes de tout bord.
Alors malgré notre fierté legendaire, nous sommes obligés de reconnaitre que notre souveraineté n'existe que sur le papier. Vraiment c'est mal placé pour nous de parler en ce moment de souveraineté.
Rejouissons nous plutot que notre voisin nigerien, qui sait de quoi il parle, se preoccupe de ce qui nous arrive.

je suis parfaitement d accord

je suis parfaitement d accord avec vous l ingerence etrangere est a bannir et puis le ministre du Niger de quoi se mele t il la crise est strictement malienne la situation est un peu complexe mais qui va se regler tres bientot en se reunissant autour d une meme table pour discuter calmement sans avoir recours aux armes il faut de la patience bon courage a nos freres MALIENS UNISSEZ VOUS BONNE CHANCE

soit la a parler d'ingerence

pourquoi les Africains parlent bizarrement comme cela, même la France a demande l'aide des pays Africains pendant la guerre entre l'Allemagne. mais tu es la a parler d’ingérence, quand vos militaires au lieu d'aller combattre veulent se réfugier au palais dans le luxe et fait des va et vient inutile, je peux voir que tu qualifies cela de gérance. ou est ton arme au nord? tu dis vive vive quand ils viendront prendre aussi Bamako, c'est la tu diras ou était la communauté international? que c'est un complot de la France contre la mali, au lieu d’accepter que ton arme n'est plus souveraine, tu es la a joue au malin. demande d'aide n'est pas une honte.

La crise au nord mali

Mon ami je pense que tu na rien compris au raisonnement du ministre.Quiconque aimant le Mali et la population du Nord aurai tenu ces propos. Je ne sais pas la où vous êtes mais au vue de la souffrance de la population du Nord et avec le jeux de cache cache que fait ansar-dine, MNLA,et le Capitaine Sanogo je ne pense pas qu'il ait une autre alternative qu'une intervention militaire.Parce que comme la dit le Dr/Prisident de l'UA Bony Yayi on ne peut pas se permettre un Nouvel Afganistan en Afrique de l'Ouest.

avis

la guerre n pa bonne la voie d negociation e meilleure.
et si l revolutioneur croi pouvoir mobiliser tou c k il a cité, il na k s detromper.il n ve mobiliser k d group san repere alr pa la cédéao n pa un état.et d'ailleurs c l mond entier ki e contr aqmi

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