Nigeria : Washington envisage une aide prudente pour lutter contre Boko haram


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L'armée nigériane annonce avoir tué au moins 16 militants de Boko Haram lors d'une opération contre un bastion du groupe islamiste à Maiduguri, dans le nord-est du pays. L'armée nigériane pourrait bientôt recevoir de l'aide des Etats-Unis. Washington se dit en effet prêt à travailler avec Abuja pour l'aider à combattre Boko Haram. Une déclaration faite à l’issue de deux jours de discussions dans la capitale américaine avec des responsables nigérians. Mais la prudence reste de mise.

A l’ouverture de cette session de travail, il y a deux jours, le numéro 2 du Département d’Etat était resté très vague. William Burns évoquait simplement « un éventuel partenariat » des Etats-Unis avec l’armée nigériane.

Ce mercredi, en refermant les deux jours de discussion, le diplomate américain n’est pas allé beaucoup plus loin : « Nous allons continuer de travailler avec nos partenaires nigérians pour améliorer les capacités de ses unités militaires et de police, dans le cadre des efforts plus larges que le gouvernement entreprend pour venir en aide aux populations victimes des extrémismes les plus violents ».

Washington se dit prêt à collaborer avec Abuja, mais rechigne à inscrire Boko Haram sur sa liste noire des organisations terroristes. «Il s’agit d’une question récurrente au sein du gouvernement des Etats-Unis », reconnait le secrétaire d’Etat chargé des Affaires africaines. Johnnie Carson qui ajoute que l’administration « tente de prendre une décision qui soit à la fois appropriée, utile et sensée pour les Etats-Unis ».

Dialogue possible avec Boko Haram?

Un dignitaire et érudit musulman nigérian, Sheikh Dahiru Usman Bauchi, a annoncé qu'il allait entamer un dialogue avec la secte Boko Haram. L'Etat nigérian de Bauchi a mis en place un comité pour gérer cette discussion. Sheikh Dahiru affirme que ce comité a écrit une lettre à Boko Haram. Pour lui, il est important de dialoguer avec la secte islamiste :

« Cela fait longtemps que nous essayons d’intervenir et de faciliter des négociations entre le gouvernement fédéral et Boko Haram. Cette crise a des effets catastrophiques pour le Nigéria et pour les musulmans. C’est la raison pour laquelle nous avons identifié quelqu’un qui puisse nous mettre en contact avec Boko Haram. La rencontre a eu lieu et les gens de Boko Haram m’ont dit que les musulmans qui suivent le chemin d’Allah ne recherchent pas le dialogue, citant un verset du Coran. Je leur ai alors cité un autre verset qui dit «si un ennemi te propose de dialoguer et s’engage à baisser les armes, tu dois accepter de lui parler». Nous avons rencontré des membres du gouvernement fédéral et nous leur avons fait part de notre premier contact avec Boko Haram et ils nous ont donné leur caution pour continuer.

« Nous sommes donc retournés voir la secte, poursuit  Sheikh Dahiru Usman Bauchi, et leurs membres ont accepté de négocier avec le gouvernement par mon intermédiaire, parce qu’ils étaient convaincus que je n’allais pas trahir la confiance qu’ils avaient placé en moi. Mais ils ont exigé que le gouvernement me désigne officiellement médiateur, le gouvernement leur a donc adressé une lettre par mon intermédiaire, et c’est cette lettre que je tiens dans la main ».