La Force en attente de la Cédéao se réunit en vue du déploiement militaire au Mali

Said Djinnit (g), envoyé spécial de l'ONU pour l'Afrique de l'Ouest, Daniel Kablan Duncan, ministre ivoirien des Affaires étrangères, Jean Ping, président de l'UA et Ramtane Lamamra, commissaire pour la paix de l'UA, le 7 juin 2012 à Abidjan.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Les responsables de la Force en attente de la Cédéao, la FAC, sont réunis depuis ce matin, mardi 12 juin 2012, à Abidjan. C’est une conférence de planification initiale en vue du déploiement militaire au Mali. Cette réunion soumettra samedi prochain des propositions concrètes aux chefs d’états-majors des pays membres, la décision finale revenant au sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cédéao.

La future force ouest-africaine destinée à aider à la résolution de la double crise malienne a déjà un nom : la Micéma, Mission de la Cédéao au Mali. Une cinquantaine d’officiers militaires et de police participent à la conférence de planification initiale en vue du déploiement militaire au Mali. Le tiers d’entre eux travaille en permanence pour la cellule de la Force en attente de la Cédéao, la FAC.

C'est une unité basée à Abuja, la capitale nigériane, et qui fonctionne même en l’absence de crises au sein de l’organisation ouest-africaine. Les autres participants viennent des pays et des organisations partenaires de la Cédéao comme les Etats-Unis, la France, l’Onuci et l’Union africaine.

L’objectif de cette réunion technique est de proposer aux chefs d’états-majors un plan de déploiement militaire au Mali afin d’aider les autorités de la transition et l’armée maliennes à retrouver leurs prérogatives sur les deux tiers du territoire, contrôlés par différents groupes rebelles : le MNLA ainsi que les islamistes d’Ansar Dine et du Mujao.

Cette conférence doit donc proposer les effectifs de la future force ouest-africaine pour le Mali. Selon une source au sein de la réunion, l’effectif de 3 000 hommes évoqué fin mars pourrait être triplé. Le chef d’état-major de l’armée ivoirienne, le général Soumaïla Bakayoko, a demandé ce mardi matin aux participants de « produire un concept d’opération réaliste et pratique », de déterminer par exemple les « moyens logistiques et administratifs » pour un déploiement dans de meilleures conditions.

Le recours à l’option militaire dépendra de l’échec de la diplomatie dans la résolution du problème du nord du Mali. Le général Bakayoko prône « un engagement opérationnel de choc, affiné et de courte durée ».

L'armée malienne non opérationnelle

« Nous avons les hommes. Que la communauté internationale nous donne les moyens pour passer à l'offensive », affirment en coeur plusieurs officiers. L'armée malienne a perdu le nord mais pas sa verve nationaliste. Selon plusieurs sources militaires, le redéploiement des troupes a débuté et l'état-major planche actuellement sur des stratégies de reconquête des territoires perdus.

D'après elles, plus de 2 000 hommes ont déjà été postés à Sevaré, à la limite du front nord, et pour toucher leur solde, les hommes doivent désormais se trouver sur leur lieu d'affectation. « Le moral des soldats est bon mais ils n'agiront pas sans appui aérien », relativise tout de même un officier. Mais sur les quatre hélicoptères de combat dont disposait l'armée malienne avant le déclenchement de la crise, un seul est aujourd'hui en état de marche. Aussi, une bonne partie du matériel qu'elle n'a pas abandonné dans son repli, notamment des blindés, est hors d'usage et de nombreuses commandes sont encore bloquées dans les ports de Lomé, Conakry ou Abidjan.

Pour l'heure, trois officiers sont au coeur des plans de reconquête. Il s'agit des colonels Dacko, posté à Sévaré, Gamou, au Niger, et Ould Meidou qui se trouve en Mauritanie. Prudent, un diplomate estime que si rien ne se fera sans elle, l'armée malienne est encore incapable de livrer bataille. Selon cette source, lui demander de reconquérir aujourd'hui le nord, ce serait comme demander à l'armée française de repartir à l'assaut après la débâcle de 1940.

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