Tunisie - 
Article publié le : mercredi 13 juin 2012 à 21:08 - Dernière modification le : jeudi 14 juin 2012 à 14:50

Tunisie: l’Etat dénonce les violences des «extrémistes» et les «provocations» des artistes

De gauche à droite : Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée constituante, Moncef Marzouki, chef de l’Etat (c) et Hamadi Jebali (d), chef du gouvernement tunisien (d), au palais de Carthage, le 13 juin 2012.
De gauche à droite : Mustapha Ben Jaafar, président de l'Assemblée constituante, Moncef Marzouki, chef de l’Etat (c) et Hamadi Jebali (d), chef du gouvernement tunisien (d), au palais de Carthage, le 13 juin 2012.
Agence Tunis Presse (TAP)

Par Ursula Soares

Plusieurs artistes se sont rassemblés, ce mercredi 13 juin, devant le ministère tunisien de la Culture pour protester contre les violences et la destruction d’œuvres d’art de l’exposition du « Printemps des Arts » à Tunis. Cette vague de violences de lundi et mardi, impliquant des groupes de salafistes et des casseurs, a secoué toute la Tunisie. Le pouvoir semble toujours avoir du mal à se positionner sur les agissements de ces groupes.

Dans un communiqué, publié ce mercredi 13 juin, au nom des « trois présidences », à savoir le chef de l’Etat Moncef Marzouki, le président de l’Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar et le chef du gouvernement Hamadi Jebali, l’Etat tunisien a condamné les agissements « des groupes extrémistes qui menacent les libertés » - une allusion implicite aux salafistes impliqués dans les violences.

Mais en même temps, les mêmes présidences ont aussi condamné les « provocations » des artistes, accusés d’avoir enflammé le pays, en présentant des œuvres d’art jugées blasphématoires.

A Tunis, les artistes rejettent ces propos et dénoncent « un positionnement de façade » qui, dans le fond et dans les actes, profite plus aux salafistes qu’à ceux qui se revendiquent d’une mouvance laïque et qui plaident pour la liberté d’opinion.

Mais pour Nadia Chaabane, députée du pôle démocratique moderniste à l'Assemblée constituante, les autorités ne peuvent rester sans réagir face à la montée de la violence, sous peine de perdre le contrôle de la situation.

Nadia Chaabane, députée du pôle démocratique moderniste à l'Assemblée constituante.

La réponse du gouvernement a changé parce que la population est maintenant en attente de sécurité.

 

13/06/2012 par Olivier Rogez

 Les artistes tunisiens menacés
 
Le pouvoir donne l’impression, aujourd’hui, « de ne pas vouloir trancher », dit-on à Tunis, comme s’il préférait renvoyer dos à dos les extrémistes et ceux qui sont vus comme des « provocateurs », à savoir les artistes.
 
Les violences de ces derniers jours ont été, en partie, liées à l’exposition « Printemps des Arts », à La Marsa, dans la banlieue nord de Tunis. Certaines œuvres, jugées offensantes pour l’islam, ont été mises en cause comme par exemple un tableau de l’artiste Mohamed Ben Slama représentant une femme quasi nue avec, en arrière plan, des hommes barbus et une toile, façon bande dessinée représentant un salafiste furieux.
 
Dès mardi 12 juin, le ministre de la Culture, Mehdi Mabrouk, avait annoncé qu’il allait déposer plainte contre les organisateurs de l’exposition et fermer le palais où les œuvres étaient exposées. Et de son côté, le mouvement Ennahda qui avait également dénoncé l’atteinte au sacré, avait appelé à manifester vendredi prochain, après la prière, se joignant ainsi aux groupes salafistes qui avaient, eux aussi, lancé cet appel dès mardi.
 
Les artistes tunisiens se sentent consternés par ces prises de position.
Interrogée par RFI, la comédienne tunisienne Amira dénonce l’ambiguïté du pouvoir et s’inquiète pour la liberté de création et d’expression. 

Amira, comédienne tunisienne.

On est en train de faire marche arrière.

 

13/06/2012 par Marie-Pierre Olphand

 
Selon un bilan encore provisoire, les violences de lundi et mardi ont provoqué la mort d’un jeune, décédé après avoir reçu une balle dans la tête à Sousse, dans l’est du pays, plus d’une centaine de blessés dont 65 policiers et plus de 160 arrestations.  

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Les salafistes gagnent encore une fois

En mettant dos à dos les salafistes et les "extrémistes laic", le gouvernement, qui depuis 7 mois, n'arrive pas à prendre position sur aucun sujet, donne raison à celui qui ce fait attaquer.

Actuellement, la casse est du d'apres eux, aux artistes, ils n'avaient pas à exposer.
Bientôt lorsqu'une femme se fera agressée car elle ne veut pas par exemple, porter le voile, Ce sera la faute de la femme, elle a provoqué, pas celui de l'agresseur puritain et retrograde qui ne peut as controler ces humeurs.

Egalement, un chef de parti salafiste qui appel aux meurtres de citoyen tunisien n'est pas interdit, e ceci n'est pas une atteinte à l'ordre public. Par contre la diffusion d'oeuvre artistique ou cinematographique comme Persepolis, l'est.
Ici en tunisie, il y a 2 poids 2 mesures. un salafiste peut tout se permettre, il ira en prison dans le meilleur des cas un jour, mais son idée sera prise en compte (fermeture du palais, loi sur le sacré, annulation du festival de jazz de tabarka,...).
Les jours de la Tunisie ne sont pas au beau fixe...

Les salafistes gagnent encore une fois

En mettant dos à dos les salafistes et les "extrémistes laic", le gouvernement, qui depuis 7 mois, n'arrive pas à prendre position sur aucun sujet, donne raison à celui qui ce fait attaquer.

Actuellement, la casse est du d'apres eux, aux artistes, ils n'avaient pas à exposer.
Bientôt lorsqu'une femme se fera agressée car elle ne veut pas par exemple, porter le voile, Ce sera la faute de la femme, elle a provoqué, pas celui de l'agresseur puritain et retrograde qui ne peut as controler ces humeurs.

Egalement, un chef de parti salafiste qui appel aux meurtres de citoyen tunisien n'est pas interdit, e ceci n'est pas une atteinte à l'ordre public. Par contre la diffusion d'oeuvre artistique ou cinematographique comme Persepolis, l'est.
Ici en tunisie, il y a 2 poids 2 mesures. un salafiste peut tout se permettre, il ira en prison dans le meilleur des cas un jour, mais son idée sera prise en compte (fermeture du palais, loi sur le sacré, annulation du festival de jazz de tabarka,...).
Les jours de la Tunisie ne sont pas au beau fixe...

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