Une nouvelle ruée vers le saphir à Madagascar


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Dans l’est du pays, en pleine forêt tropicale, une mine de pierres précieuses a vu le jour il y a trois mois. Depuis, ce sont des milliers de personnes, exploitants, intermédiaires, acheteurs, Malgaches ou étrangers, qui se sont installés dans les localités voisines. Mais les forces de l’ordre menacent de les déloger : car la mine se trouve dans une aire protégée.

La mine a été découverte en avril dernier. Depuis, de nombreuses personnes se sont installées dans la zone. Selon un responsable de la gendarmerie, l’opération pour déloger les mineurs n’a pas encore été lancée. Il s’agit pour l’instant de l’annoncer pour dissuader les nouveaux arrivants.

Mais sur place, la rumeur d’une intervention des forces de l’ordre court depuis plusieurs jours. Des acheteurs étrangers, notamment Sri Lankais, commenceraient à quitter Ambatondrazaka, la ville la plus proche.

Les chercheurs de saphirs sont, eux, totalement isolés dans la forêt. Deux jours de marche séparent la mine de la dernière piste praticable en 4x4. L’histoire raconte qu’il y a quatre mois, lors d’un tremblement de terre, un grand arbre est tombé au milieu de ce corridor forestier. Des villageois auraient trouvé des pierres précieuses sous la souche.

Depuis, les chercheurs et acheteurs accourent dans la région. Nombre d’entre eux viennent d’Ilakaka bourgade du sud du pays devenue capitale du saphir il y a dix ans.
Mais la différence, c’est qu’à Didy, dans l’est, les mineurs n’ont pas besoin de creuser très profond – deux mètres maximum – pour trouver leur fortune. Et surtout il y a plus de pierres de grosse taille, dont le prix peut atteindre des sommes vertigineuses. Face à cela, les injonctions du gouvernement à quitter les lieux ont du mal à faire le poids.