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Justice RDC

Affaire Chebeya : le général Numbi absent à l’ouverture du procès en appel

Le général Numbi a témoigné au procès en janvier 2011.
© Photo AFP/Junior Kannah

En République démocratique du Congo, le procès en appel des assassins du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana s’est ouvert ce mardi 19 juin devant la Haute cour militaire. En première instance, cinq policiers ont été condamnés. Après le verdict, tout le monde avait fait appel : les plaignants parce qu’ils pensent que la vérité n’a pas été dite et qu’ils veulent voir comparaître le chef de la police, le général John Numbi ; et les policiers parce qu’ils s’estiment innocents.

La salle d’audience est bien trop petite pour accueillir tous les participants à ce procès. Il n’a pas lieu cette fois dans la prison de Makala à Kinshasa, mais à la Haute cour militaire elle-même. Un haut-parleur a été placé à l’extérieur du bâtiment et le public, qui est composé essentiellement d’activistes des droits de l’homme, suit les débats sous un soleil de plomb, cherchant l’ombre le long des murs d’enceinte.

Floribert Chebeya et son chauffeur Fidèle Bazana avaient été tués il y a deux ans, alors qu’ils se trouvaient à la direction de la police pour un rendez-vous. Comme le craignaient les plaignants, le général John Numbi n’est pourtant pas convoqué par le tribunal. Le chef de la police, au moment des faits, ne figure pas comme prévenu, ni comme témoin. Et c'est là la revendication principale des parties civiles.

Les parties civils ont donc ferraillé toute la journée pour réclamer la comparution du général Numbi comme accusé. Les avocats des plaignants se sont succédé à la barre pour essayer de convaincre la Haute cour militaire qu’il est parfaitement logique qu’elle convoque le chef de la police de l’époque.

« C’est le suspect numéro 1 dans cette affaire, a martelé Maître Charles Bondo, l’un des avocats des parties civiles, la Haute cour a compétence pour le juger, elle doit le faire pour faire éclater la vérité ».

Le successeur de Floribert Chebeya à la tête de l'ONG la Voix des sans voix, Doli Ibefo, était dans l’assistance, dans la cour du tribunal. Doli Ibefo qui prévient : « Si le général Numbi n’est pas convoqué, nous n’aurons plus rien à faire dans ce procès, la Haute cour continuera toute seule, et nous ferons appel à la justice internationale ».

Les avocats de l’Etat congolais ont, eux, expliqué qu’au contraire le général Numbi « n’a rien à voir dans cette histoire », qu’il « l’avait bien prouvé pendant sa longue audition comme renseignant dans le premier procès », et qu’il n’y avait donc pas de raison de le faire venir.

Le tribunal se donne un mois de réflexion : prochaine audience le 17 juillet à la prison de Makala.

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