Dans le nord du Mali, les islamistes d'Aqmi dominent sans partage

Des combattants du groupe islamiste Ansar Dine dans le nord du Mali, entre Gao et Kidal.
© REUTERS/Adama Diarra

Dans le nord du Mali, Aqmi confirme chaque jour sa puissance et son contrôle. Depuis les récents affrontements, le groupe islamiste a concrètement pris le contrôle de Tombouctou et de Gao. Alors que les groupes touaregs, MNLA et Ansar Dine, sont désormais divisés, les leaders d'Aqmi tiennent la zone et soumettent les populations.

Nous sommes prêts à affronter n'importe quelle armée qui se présente à nous, à combattre le monde entier. On ne craint que Dieu.
Témoignage d'Oumar Ould Hamada, bras droit du chef d'Aqmi Mokhtar Belmokhtar
11-10-2013 - Par Guillaume Thibault

À Tombouctou, même s'il sait se faire discret, Abou Zeid règne en maître. Protégé par ses combattants étrangers, le « doyen des jihadistes algériens » fait règner sa loi et contrôle tout. Il a même été vu plusieurs fois dans la centrale électrique qui alimente avec difficulté la ville.

À ses côtés, Oumar Ould Hamaha, Tombouctien de souche qui aime se présenter comme membre d'Ansar Dine mais qui est en fait le bras droit de Mokhtar Belmokhtar. Ce dernier, un autre émir algérien d'Aqmi,  dit « le Borgne », contrôle l'autre grande ville de la zone, Gao.

« Il est en terrain conquis, c'est inquiétant, il fait comme s'il était chez lui », raconte un habitant. Jeudi dernier, au lendemain des affrontements qui ont balayé le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), Iyad Ag Ghali, le leader d'Ansar Dine, est venu de chez lui, Kidal, pour le rencontrer.

Deux longues réunions se sont déroulées en deux jours en présence d'un autre ponte d'al-Qaïda au Maghreb islamique, Nabil Makhoufi, le coordonnateur de toutes les actions militaires de la nébuleuses islamiste.

Alors qu'Aqmi développe son influence, Ag Ghali, lui, cherche à désamorcer la crise avec ses frères touaregs du MNLA : « Nos frères sont morts à Gao tués par des terroristes, explique un chef militaire du mouvement de l'Azawad. Iyad veut nous rencontrer mais pour le moment, il n'en est pas question. Il a apparemment choisi son camp ».

Critiqué, Ag Ghali, fin manipulateur, n'a bien evidemment pas joué toutes ses cartes. Plus faible militairement, le MNLA a pour le moment choisi la stratégie du repli.