Mali: la destruction du patrimoine religieux se poursuit à Tombouctou


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Après les mausolées et les sépultures, les islamistes du mouvement Ansar Dine qui contrôlent la grande ville du nord du Mali s'en sont pris lundi à la mosquée Sidi Yahia, une des trois principales de la ville. Ils ont détruit l'une des portes, considérée comme sacrée et fermée depuis des décennies puisque, d'après les croyances locales, il est dit que son ouverture porterait malheur.

Les condamnations internationales ou les menaces de la CPI (Cour pénale internationale) n'ont pas persuadé les jihadistes de mettre un terme à leur entreprise de destruction des monuments centenaires de Tombouctou.

Bien au contraire, l'émotion suscitée par la profanation des mausolées semble avoir encouragé les islamistes à poursuivre leurs forfaits. Méprisant les croyances locales qui considèrent que leur acte pourrait ouvrir la voie à la fin du monde, ils ont fracassé lundi matin la porte sacrée de la mosquée Sidi Yahia.

Les profanateurs revendiquent leur appartenance au groupe Ansar Dine mais pour nombre de Tombouctiens, ces agissements sont l'oeuvre des combattants d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique).

Révoltés par le saccage de leur patrimoine, des jeunes de la ville ont, selon des sources sur place, envisagé d'organiser une marche de protestation mais en ont été dissuadés par les notables locaux.

Pendant ce temps à Gao, après les affrontements de la semaine passée entre mouvements islamistes et indépendantistes, l'ordre des salafistes armés s'installe. Pour défendre ses postitions et gêner une contre-attaque du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad), le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest) aurait miné les alentours de la ville.

Est-ce pour se tenir à l'écart d'une éventuelle confrontation entre ces deux groupes ? Impossible à dire. Quoi qu'il en soit, selon plusieurs sources, Iyad Ag Ghali, le chef d'Ansar Dine, a quitté Gao lundi à bord d'un convoi de plusieurs dizaines de véhicules pour revenir dans son fief de Kidal.

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