Algérie  - 
Article publié le : jeudi 05 juillet 2012 à 01:17 - Dernière modification le : jeudi 05 juillet 2012 à 12:17

Cinquantenaire de l'indépendance : la désillusion pour de nombreux Algériens

Deux enfants dans les rues des Constantine.
Deux enfants dans les rues des Constantine.
REUTERS/Zohra Bensemra

Par RFI

Parler du cinquantenaire c’est faire le bilan de 50 années d’indépendance. L’hommage aux martyrs est unanime, mais les critiques aussi. Cinquante ans après la libération, les Algériens ne sont pas tendres quand ils évoquent le chemin parcouru par leur pays.

A la libération, les Algériens rêvaient d’être libres, traités comme des citoyens à part entière, enfin autorisés à vivre dignement. Aujourd’hui beaucoup se plaignent d’être au chômage, et s’entassent dans de petits appartements. Le logement est devenu parfois l’objectif de toute une vie. 

« A 59 ans, déplore une Algérienne, je n’ai toujours pas de logement. J’habite dans le logement de ma belle-mère, et j’ai quatre enfants ». « Vous imaginez, dit un père de famille, une fille de 17 ans vivre avec son père dans un endroit exigu de 10 mètres carrés ? C’est insupportable ».

Cette situation, beaucoup ne la supportent plus, car ils savent qu’une minorité profite des richesses du pays et notamment du pétrole. L’Algérie devrait ressembler à Miami, c'est une évidence pour cet habitant de la casbah : « Il y a beaucoup de richesses en Algérie, c’est une évidence. Cela pourrait être Miami pour toute l’Algérie, et pas la capitale seulement. Même le Sahara. On peut tout faire, parce qu’il y a beaucoup d’argent ».

Le sentiment d’impuissance mélangé à la colère est aujourd’hui très fort chez les jeunes. « On a la patience, dit un autre jeune, on a l’espoir. On ne désespère pas. Si on avait été des Français ou des Européens, on se serait suicidé, simplement ».

La place des femmes en Algérie : tradition et représentation politique

Les femmes ont joué un rôle majeur pendant la guerre d'indépendance, de même que pendant les années noires, après 1990. Comment vivent-elles aujourd'hui, quel regard portent-elles sur leur statut ?

Un foulard en satin noué sur la tête, Zahiya, 59 ans, se bat depuis des mois pour obtenir justice après un licenciement. Elle n’a pas de logement, mais quatre enfants à charge et doit vivre avec l’équivalent de 150 euros par mois. Etre une femme en Algerie, ce n’est pas facile, explique-t-elle : « La femme algérienne souffre. Plus que les hommes. Avant l'indépendance, la femme travaillait avec l'homme, mais une fois le pays libéré, personne ne l'a prise en considération. »

Fatma, elle, ne se pose pas les mêmes questions. Elle est jeune, vendeuse dans une librairie du centre d’Alger, issue d’une bonne famille. Elle ne porte pas le voile, et se sent libre, raconte-elle, presque surprise qu’on l’interroge sur son statut : « Franchement, on est libre. On dit ce que l'on veut, il n'y a aucun souci. Personnellement, je ne manque de rien, j'ai un certain niveau [de vie, ndlr], je vis bien, je suis à l'aise. »

Quoi qu’en dise Fatma, les traditions pèsent encore sur le quotidien des femmes. Un quota de 30% sur les listes électorales a été proposé par le gouvernement et âprement débattu au Parlement l’année dernière. Un quota loin de faire l’unanimité, comme le dit Inam Bayout, traductrice : « Moi je pense que le quota, c'est presque jeter de la poudre aux yeux. C'est comme de l'aumône. Si je représente 50% de la société, moi je veux 50% [de représentation, ndlr]. »

Après les législatives du mois de mai dernier, 143 femmes sont entrées au Parlement. Elles représentent aujourd’hui près d’un tiers des députés.

tags: Algérie
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(3) Réactions

De la liberté de l'Etat à la liberté du citoyen

L'Algérie coloniale fut par une loi du 12 novembre 1848, déclarée terre française, douze années avant Nice et la Savoie. Cependant nos nouveaux compatriotes ultramarins ne reçurent pas le statut de citoyen comme les Niçois et les Savoyards. Nous savons ce qu'il advint d'une telle iniquité: l'Algérie fit une guerre de sécession contre la République coloniale et obtint son indépendance. Nous savons que le ressort de la révolution algérienne, ne fut pas la lutte pour l'égalité des droits,en un mot les droits l'homme, mais pour chasser l'occupant étranger chrétien: le roumi. C'est ce qui explique que les révolutionnaires , nonobstant les accords d'Evian, ne voulaient pas dans leur futur Etat, comme citoyens les Pieds noirs. Le nouvel Etat est confessionnel, ainsi constitutionnellement son chef doit-il être de confession mahométane. Du chef de leur révolution les Algériens ont un Etat indépendant,dont les citoyens ne sont pas libres, excepté ceux de la classe dirigeante. Pour être libres, ils ne peuvent faire l'économie d'une seconde révolution, tout en évitant de prendre dans leur paquetage: l'islam ou toute autre religion. Car dans un Etat, lorsque la religion y fait la loi,la liberté trépasse. La religion est inoffensive pour les libertés, lorsqu'elle ne se limite qu' à la seule vie privée du croyant, et que ce dernier ne se croit pas missionné par le Ciel pour imposer ses convictions religieuses aux autres membres de la société. Ceux-ci ont parfaitement droit d'être d'une religion différente ou de n'en avoir aucune.

Même dans les moments de

Même dans les moments de fêtes, vous sauter sur l'occasion pour descendre l'Algérie, c'est une coutume.... les (ex) ecrivaient Algériens avec un (a) minuscule.
Le feux d'artifice a sidi ferradj, grandiose et le spectacle aussi!

1 2 3 viva l'algérie, ALGERIE

1 2 3 viva l'algérie, ALGERIE MON AMOUR. Constantine le 05.07.2012

Fermer