Soudan du Sud - 
Article publié le : lundi 09 juillet 2012 à 03:47 - Dernière modification le : lundi 09 juillet 2012 à 10:32

Le Soudan du Sud commémore le premier anniversaire de son indépendance

Célébration du jour d'indépendance à Juba, la capitale du Soudan du Sud,  le 9 juillet 2011.
Célébration du jour d'indépendance à Juba, la capitale du Soudan du Sud, le 9 juillet 2011.
REUTERS/Thomas Mukoya

Par RFI

Il y a un an ce lundi 9 juillet, le Soudan du Sud proclamait son indépendance et devenait ainsi le 54ème Etat membre de l'Union africaine. Après 50 ans de lutte et deux guerres, la partie sud de l'ensemble soudanais accédait enfin à l'indépendance. Mais entre la querelle pétrolière, le conflit frontalier avec le Nord et la nécessité de construire un Etat, les dirigeants sudistes se sont heurtés à de nombreux obstacles. Un an après son indépendance, le Soudan du Sud est un pays en chantier.

Le Soudan du Sud a un an et le constat est simple, le jeune Etat se porte mal mais il vit. Chacun savait que la tâche consistant à créer un Etat neuf et une nation sur une base quasi inexistante ne serait pas chose facile : 85% d'analphabètes, une bonne moitié de la population en situation de forte insécurité alimentaire; des infrastructures routières et foncières inexistantes. Juba est aussi éclairée par des groupes électrogènes.

Philippe Hugon

Directeur de recherche à l'Iris, l'Institut de recherches internationales et stratégiques et spécialiste du Soudan.

On est dans une situation où beaucoup de problèmes n'ont pas été réglés...

 

09/07/2012 par Olivier Rogez

Il restait un levier, le pétrole, qui représente 98% des ressources du Soudan du Sud, mais le président Salva Kiir a fermé le robinet en janvier dernier après le différend avec Khartoum sur la répartition de la rente pétrolière. Le différend à la fois pétrolier et frontalier avec le Nord a débouché sur de violents combats et une situation de guerre larvée avant que les deux pays ne retournent à la table des négociations fin mai.

Le Soudan du Sud confronté à une crise avec son voisin est aussi tiraillé par ses problèmes internes : conflits locaux sur fond de querelles ethniques ou foncières et domination des dinkas dans l'appareil du pouvoir mal vécus par les autres groupes. A cela s'ajoute l'hégémonie du SPLM (Mouvement de libération des peuples du Soudan), qui tend à devenir un parti unique au détriment des sensibilités de certains groupes. Enfin la corruption mise en exergue par les bailleurs de fonds affaiblit un peu plus le Soudan du Sud.

Certes, en un an il était difficile de construire un pays. Et si le robinet du pétrole ne se rouvre pas rapidement, l'avenir risque d'être plus sombre encore.

Un mauvais bilan économique pour cette première année d'indépendance

Si le Soudan du Sud possède les principales réserves pétrolières de l'ancien Soudan, il reste obligé aujourd'hui de faire passer sa production par le Nord. Une « dépendance » qui n'est pas sans poser problème, tout comme les détournements de fonds massifs auxquels se livre la nouvelle classe dirigeante.

De l'avis de nombreux économistes, Juba, en stoppant ses exportations de pétrole via les pipe-lines de son ennemi et voisin Khartoum, s'est tiré une balle dans le pied.
Invoquant des montants pour les droits de passage de son brut prohibitifs à ses yeux, le Soudan du Sud a lui même asséché sa seule ressource en devise.

Au total, 98 % des richesses de ce pays vieux de douze mois proviennent du brut. Et le projet de construction de pipe transitant par l'Ouganda, pour d'éventuels débouchés vers la côte pacifique, semble bien éloigné pour une population qui voit elle l'inflation galoper. Avec officiellement une augmentation de 28 % en avril, 30 % en mai sans doute plus de 40 % officieusement, le coût de la vie au Soudan du Sud n'est pas loin de devenir insupportable pour la population.

La Banque mondiale, dans différentes notes, s'alarme de la situation prévoyant pour le mois de juillet une cessation de paiement du Soudan du Sud si la production et l'exportation de brut ne reprennent pas. Rares sont les pays à venir au secours de cet Etat. La Chine prévoit de prêter 8 milliards de dollars à Juba pour financer des projets de constructions de routes, d’équipements hydrauliques ou électriques, mais le scepticisme est permis.

En mai dernier le président Salva Kiir, dans une lettre adressée à 75 ministres ou anciens ministres, appelait les responsables du pays à rendre 4 milliards de dollars qu'ils ont détournés pour les placer sur des comptes à l'étranger.
 

tags: Salva Kiir - Soudan - Soudan du Sud - Union africaine
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