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Islam Libye

Libye : quelle place pour la charia dans la future Constitution ?


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La commission électorale continue d'égréner au compte goutte les résultats des élections du congrès général qui prendra la suite du CNT pour désigner un nouvel éxécutif et préparer l'adoption d'une nouvelle Constitution. L'alliance des forces nationales emmenée par Mahmoud Djibril est en tête pour le scrutin de listes. De son côté, le parti islamiste Justice et construction, soutenu par les Frères musulmans, espère combler son retard en s'alliant avec les élus du scrutin uninominal. Les négociations porteront en partie sur la place réservée à la charia dans la future Constitution, un débat qui n'a pas été tranché durant la campagne, pas même au sein des partis politiques.

Lamia Abusidra, trentenaire élégante, cheveux au vent, est la tête de liste du parti islamiste El Watan à Benghazi. Cette doctorante diplomée d'une université britannique, est mise en avant, tête nue, sur les affiches électorales du parti d'Abdelhakim Belhadj, cet ancien jihadiste qui a combattu en Iraq et en Afghanistan, avant de prendre la tête du conseil militaire de Tripoli en août dernier.

« La première fois que j’ai vu Belhadj, je lui ai demandé : est-ce que ça vous gêne qu’une femme non voilée rejoigne votre parti ? Il était embarrassé. Mais il m’a répondu : si vous étiez ma sœur, je vous conseillerais de porter le voile, c’est sûr. Mais vous êtes la bienvenue au parti », raconte-t-elle.

Lamia Abusidra estime que la charia doit être une source du droit parmi d'autres. Un débat qui n'a pas encore été tranché au sein de son parti et qui a été éludé durant la campagne. Selon elle, le congrès général devra y remédier sans tarder.

« Il nous faut définir très précisément ce que l'on entend par charia. Parce que tout cela est très vague finalement. Donc c'est la première tâche à laquelle nous devons nous atteler après les élections. Il faut que les gens distinguent bien les trois scénarios différents : soit l'on dit que la charia est l'unique source du droit, soit c'est une source parmi d'autres, soit on ne l'inscrit pas du tout dans la Constitution. Nous devons expliquer aux gens quel est l'impact de la formule choisie sur les lois que nous allons adopter et sur leur vie quotidienne. »

Ces débats, selon Abusidra, devront impliquer le peuple libyen, concerné au premier chef, car la future Constitution devra être ratifiée par référendum.

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