Premier anniversaire et bilan mitigé pour la Commission dialogue, vérité et réconciliation


©

En Côte d’Ivoire, le 13 juillet 2011, le président Alassane Ouattara signait un décret portant création de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR). Un an après, les résultats ne sont pas probants. Il semble notamment qu'il soit encore trop tôt pour que les Ivoiriens effacent les plaies du conflit de 2011.

De l’avis de plusieurs observateurs, le bilan de la Commission dialogue, vérité et réconciliation à mi-parcours semble mitigé.  Avec une mission de deux ans, l'organe présidé par l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny peine à convaincre.

Installée officiellement le 28 septembre 2011, la CDVR a mis des mois avant de définir ses méthodes de travail. Dans une interview accordée mercredi à la radio de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire, Charles Konan Banny lui-même fait le constat que « l’idée de créer la Commission est peut-être venue trop tôt » et que « les esprits ont recommencé à se réarmer », tout en soulignant que les Ivoiriens n’ont pas le temps d’attendre pour se réconcilier.

Au-delà de sa méthode difficile à percevoir, la CDVR semble coincée entre, d’une part, les tenants du pouvoir, qui l’encouragent sans lui donner les moyens nécessaires à son action, selon une source au sein de la Commission et, d’autre part, l’opposition, principalement le FPI, parti de l’ex-président Laurent Gbagbo, qui attend peu de chose de la part de cette institution.

Le hasard du calendrier fait que c’est le jour anniversaire de la création par décret de la Commission vérité et réconciliation, que le gouvernement rencontre pour la première fois le FPI, peut-être pour un dialogue direct. Paradoxalement, c’est un proche de Laurent Gbagbo qui donne depuis quelques jours de la visibilité à la CDVR, puisque de son exil, le leader des patriotes, Charles Blé Goudé, vient à deux reprises de manifester le souhait de rencontrer Charles Konan Banny, en Afrique du Sud, pour parler de l’avenir de leur pays.