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Dioncounda Traoré Mali

L'impatience commence à se faire sentir chez les jeunes Maliens

media Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra lors du sommet de la Cédéao, le 29 Juin 2012 en Côte-d’Ivoire. AFP/ ISSOUF SANOGO

Le Premier ministre malien est rentré dimanche 15 juillet à Bamako après une visite à Paris au cours de laquelle il a rencontré le président de transition Dioncounda Traoré. Cheick Modibo Diarra n’a pas fait de déclaration. Quelle est sa feuille de route ? Quelles vont être ses propositions sur un gouvernement d’union nationale ? Quelle stratégie pour reconquérir le nord du pays ? A Bamako, certains commencent à s’impatienter. C’est le cas des jeunes du collectif « Plus jamais ça ». Autour du rappeur malien Amkoullel et de son titre « SOS », ils lancent un cri de colère.

Ils ne faisaient pas de politique avant le coup d’Etat du 22 mars et ils ne sont pas toujours d’accord sur les moyens pour sortir de la crise. Mais pour les jeunes du collectif « Plus jamais ça », c’est la crise dans le Nord et ils ne voient rien venir.

« Les gens du Nord se sentent beaucoup, beaucoup délaissés par le gouvernement. Au sein de "Plus jamais ça", on ne veut pas pointer du doigt quelqu’un mais on a besoin de voir des actions, des choses concrètes qui se passent. Et ça pour le moment, ça manque. »

Une situation décourageante, selon la porte-parole du mouvement : « C’est un sentiment qui est palpable. Quand je discute avec des gens autour de moi, tout le monde dit "ils n’ont qu’à faire comme ils veulent maintenant". C’est le fatalisme qui a pris place. Les gens se disent même "on se demande si un jour on récupèrera ces régions?" Cela en est arrivé là. »

Avec leur clip et via les réseaux sociaux, les membres du collectif appellent les jeunes à s’engager, à s’impliquer pour protéger la démocratie au Mali. Pour tous, cette crise aura été un révélateur. « Il y a du bon en tout : je ne savais pas que je pouvais autant aimer mon pays. »

Le MNLA prépare activement son retour en force

Au Mali, le Mouvement de libération de l'Azawad (MNLA) n'a pas dit son dernier mot. Le groupe touareg a affirmé ce week-end être prêt à reconquérir le Nord. Il serait en train de s'organiser et de prévoir sa nouvelle stratégie. Depuis trois mois, le nord du Mali est passé aux mains des mouvements islamistes d'Ansar Dine et du Mujao, ce dernier étant affilié à al-Qaïda. Selon le MNLA, ils sont le seul et dernier espoir des populations du Nord.

Vendredi 13 juillet, les habitants de Goundam se rebellaient contre Ansar Dine, après les mauvais traitements infligés à une jeune femme pour ne pas avoir porté le voile. Pour Assahi Ag Mohamed, porte-parole du MNLA pour la région de Tombouctou, il est donc temps d'intervenir : « Cette guerre nécessite une préparation nouvelle et une stratégie de guerre particulière. Aujourd'hui, la population de l'Azawad a bien compris que tout ce qui se passe aujourd'hui ne peut pas être le projet du MNLA. Nous sommes la seule force en mesure de reconquérir le territoire occupé par les extrémistes. »

A Goundam, c'est surtout la lassitude qui domine. Selon Mamadou Sall, adjoint au maire, il faut maintenant revenir à la paix : « Il n'y a pas de division. Ce que nous souhaitons, c'est que les mouvements rebelles et l'Etat puissent s'asseoir pour dialoguer, trouver une issue favorable [à la crise] et que l'Etat revienne. » Samedi, l'imam de Goundam est allé rencontrer les membres d'Ansar Dine à Tombouctou. Et ensuite, ils se sont adressés ensemble, dans le calme, à la population de Goundam, ce dimanche.

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