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Une «journée sans presse» au Mali

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Pas ou très peu de journaux, ce mardi 17 juillet, dans les kiosques à Bamako après l'agression du directeur de publication du quotidien L'Indépendant. Le 12 juillet dernier, Saouti Haïdara a été arrêté par des hommes armés dans sa rédaction, emmené loin de la capitale puis frappé avant d'être relâché. Il est blessé à la tête et a le bras cassé. Ces dernières semaines, plusieurs journalistes maliens ont été agressés ou menacés. Les organisations de presse ont donc appelé à une marche de protestation. Une mobilisation très suivie par la profession.

« Liberté ! », « Justice ! » Sur 4 km et pendant plus de deux heures, les journalistes maliens ont crié leur ras-le-bol. Ras-le-bol des convocations à la sécurité d’Etat, ras-le-bol des intimidations verbales ou physiques par des hommes armés. Ils pointent du doigt des individus proches de l’ex-junte militaire. Tout le monde se sent menacé, explique Chahana Takiou, directeur de publication du quotidien 22 Septembre.

« Aujourd’hui plus que hier, je me sens menacé mais je suis serein. Je garderai ma ligne. Je resterai tel que je suis et je continuerai à dénoncer ce que j’ai toujours dénoncé », reconnaît-il. Il ajoute que d'agresser les journalistes est contreproductif et que cela les galvanise plutôt : « Le Nord est occupé, le gouvernement est grippé, l'économie ne marche pas, la seule chose qui marche aujourd’hui au Mali, c’est vraiment la liberté de la presse. Et si on veut étouffer cette liberté de la presse, ça ne passera pas. »

« A bas les agresseurs ! ». Les journalistes maliens assurent qu’ils ne se laisseront pas faire. Dans une déclaration remise aux services du Premier ministre, ils pressent les autorités de faire toute la lumière sur ces cas d’agressions, d’identifier les auteurs et de les traduire en justice.

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