Mali / Otages - 
Article publié le : jeudi 19 juillet 2012 à 21:48 - Dernière modification le : vendredi 20 juillet 2012 à 11:20

Nord du Mali: le Mujao a marchandé la libération des otages européens

Abdel Hakim, chef du Mujao et de tous les islamistes à Gao.
Abdel Hakim, chef du Mujao et de tous les islamistes à Gao.
RFI/Moussa Kaka

Par Ursula Soares

Les trois otages européens ont été libérés au Mali, en échange de la libération de trois islamistes. Ils sont arrivés, jeudi 19 juillet, « sains et saufs » au Burkina Faso et sont aussitôt repartis à bord de deux avions pour leurs pays respectifs. « Il y a eu une contrepartie, ça a été libérations contre libérations », a indiqué la médiation burkinabè.

A leur arrivée à Ouagadougou, à bord d’un avion militaire burkinabè, les ex-otages étaient visiblement très fatigués : deux femmes – une Espagnole et une Italienne – et un homme d’origine espagnole. Celui-ci était blessé ; « il y a un moudjahidine (combattant) qui a tiré sur lui de façon délibérée », a déclaré un membre de la médiation burkinabè. Fatigués mais soulagés, ils ont  remercié le Burkina Faso qui a mené les négociations. Ils ont ensuite embarqué, avec des membres des services de renseignements de leurs pays, dans deux avions qui les ont ramenés chez eux.

Rossella Urru

Ex-otage italienne

Merci beaucoup, Burkina Faso.

 

19/07/2012

Les deux coopérants espagnols, Enric Gonyalons et Ainhoa Fernandez Rincon ainsi que Rossella Urru avaient été enlevés le 23 octobre 2011 près de Tindouf, dans l’ouest de l’Algérie – région qui est le fief des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger.  
 
Depuis cinq mois, ils étaient séparés jusqu’à ce mercredi 18 juillet, jour où les émissaires du Burkina Faso sont venus les récupérer. Ils se trouvaient alors près de la grande ville de Gao, dans le nord du Mali, fief du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao) – groupe allié d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) – qui les a enlevés.
 
« Libérations contre libérations »
 
Mohamed Ould Hicham, un dirigeant du Mujao, avait affirmé, mercredi 18 juillet, que ces libérations avaient été obtenues, en échange de celles de trois prisonniers islamistes « dans un pays musulman » qu’il n’avait pas cité et du paiement d’une rançon dont il n’a pas donné le montant.
 
Un membre de la médiation burkinabè a confirmé, ce jeudi, qu’ « il y a eu une contrepartie, ça a été libérations contre libérations » sans toutefois confirmer s’il y avait eu rançon, assurant n’avoir aucune information sur cette question.
 
Trois islamistes ont donc été ainsi libérés : deux Sahraouis qui avaient été arrêtés à Nouadibou, en Mauritanie, peu de temps après l’enlèvement des trois Européens. Ils étaient précisément suspectés d’être impliqués dans le rapt des deux Espagnols et de l’Italienne. Le troisième islamiste, lui, «doit être libéré au Niger » a indiqué le membre de la médiation burkinabè, sans préciser de date.
 
Une rançon aurait été versée
 
En une dizaine de jours, le Mujao a réussi une opération financière juteuse, même si, dans ce genre d'affaires, personne ne veut jamais confirmer le paiement de rançon et qu'il est également extrêmement difficile de connaître le montant de ce type de transaction. On peut probablement, sans trop se tromper, avancer le chiffre de plusieurs millions de dollars. Le Mujao, lui, évoque la somme de 15 millions d'euros, une allégation qui a peu de chance d'être confirmée de source officielle.

 
La première opération s'est déroulée le week-end dernier lorsque les islamistes du Mujao ont relâché trois des sept diplomates algériens, capturés à Gao. Alger affirme qu’il applique toujours le sacro-saint principe du refus de tout paiement de rançon. Pourtant, selon des sources diplomatiques régionales, il y aurait eu remise d'argent par l'entremise d'un grand commerçant du Sud saharien qui a donc joué les banquiers. En échange, le Mujao a obtenu également la libération d'un groupe d'islamistes algériens et d'arabes maliens qui étaient détenus en Algérie pour suspicion de collaboration avec les terroristes d'Aqmi, installés au Mali.
 
Selon le correspondant de RFI, Serge Daniel, qui revient tout juste de Gao, quelques jours avant la libération des trois Européens, il y avait un véritable remue-ménage dans la ville malienne. Il fait état notamment d’un impressionnant dispositif de sécurité qui était visible autour d’un bâtiment par où, peut-être, ont transité les otages avant leur libération.
 
Il souligne, par ailleurs, que le chef des islamistes de Gao, Abdel Hakim, a directement participé au processus de libération et qu’une rançon, dont le montant exact n’est pas connu, a été versée aux ravisseurs. Au départ, ils exigeaient 30 millions d’euros pour libérer les deux femmes du groupe.
 
Aujourd’hui, dans le Sahel, et après les libérations de mercredi, onze otages, dont six ressortissants français, sont toujours aux mains d’islamistes.

tags: AQMI - Burkina Faso - Espagne - Italie - Mali - Terrorisme
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(5) Réactions

Les nouveaux nazis

A leur arrivée à Ouagadougou (...) les ex-otages étaient visiblement très fatigués : deux femmes – une Espagnole et une Italienne – et un homme d’origine espagnole. Celui-ci était blessé ; « il y a un moudjahidine (combattant) qui a tiré sur lui de façon délibérée ». Rien que ça traduit la haine de ces gens pour tous ceux qui ne pensent pas comme eux. De vrais nazis dont l'UA et la communauté internationale devraient se débarrasser au plus vite sinon, c'est l'Afghanistan dans moins de 2 ans et des attentats à gogo contre tous les Etats voisins jugés impies (la terranga sénégalaise, l'hospitalité malienne,... tout cela ce sera du passé).

Rançon pour acheter des armes

Voilà un point faible de cette affaire de la crise au Nord du Mali. Tant que les occidentaux continue à être la manne Financière des Djihadiste avec la libération des otages contre rançon, le sahel ne connaitra pas la paix. Ces bandits ont de quoi se payer des armes maintenant, alors 15 000 000 d'euros c'est une jolie cagnotte.

Dommage

Bien dit et c'est la verité mais malheureusement on continu à porter nos lunettes en bois parce que la situation arrange certains d'entre nous? De la traite négriere à aujourd'hui il y a des traitres parmi nous et cela jusqu'à la fin des temps. Je ne crois pas si l'Afrique ouvrira ses yeux un beaux jour sous le regard uni de tous ses fils.

injustice ou insolence?

Les pauvres pays du Niger et de la Mauritanie sont mitraillés comme responsables de la recrudescence à travers la libération de criminels sous la contrainte de puissants pays occidentaux soumis à la pression de leur opinion publique. Aucune investigation sérieuse sur les montants versés par les Etats PUISSANTS, d'ailleurs ils sont exonérés de culpabilité. L'évidence est là, ces puissances contribuent à entretenir le mal sur des terres éloignées et tant pis pour les peuples vaincus car l'histoire appartient aux vainqueurs occidentaux qui écrivent toujours en dénigrant les Etats faibles. La médiation est au tant ridicule qu'elle ne pourrait jamais envisager un succès diplomatique sous le masque de la honte. Il va falloir une autre génération d'africains qui respecte sa dignité et sa fierté pour que toute cette cacophonie soit oubliée. Seule une Afrique unie peut laver ces affronts mais on continue à nous diviser en créant des antécédents.

L'occident est donc le seul

L'occident est donc le seul responsable de la situation actuelle. Réponse poujadiste qui a pour seul mérite d'enterrer toute discussion et toute interrogation. La réponse au quotidien des gens du Mali, du Niger, face aux aggressions contre Leur culture,vaut plus que des mots gratuits, des péroraisons sans fondement.Ne peut-on considérer qu'il y a urgence pour les Africains à prendre position face à des groupes destructeurs de leur culture. Certains pourraient parler de colonialisme religieux. Sans aller jusque là, il faut prendre en considération la sagesse populaire des populations qui veulent vivre en paix, ou tout simplement se donner les moyens de vivre dans le respect de leurs traditions millénaires.

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