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Côte d'Ivoire

Dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, des affrontements font au moins 13 morts

Un camp de déplacés à Duékoué, le 23 avril 2012.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Au moins treize morts et des dizaines de blessés. C'est le bilan d'affrontements à Duékoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Après un braquage meurtrier dans la nuit de jeudi à vendredi 20 juillet, des habitants ont lancé une attaque de représailles contre un camp de déplacés. Le site accueille des Ivoiriens ayant fui les violences post-électorales de 2010 et 2011. Il est placé sous la protection des casques bleus de l'Onuci, mais cela n'a pas empêché les jeunes assaillants d'incendier le camp et de s'en prendre aux réfugiés.

Le camp de Nahibly, qui a accueilli jusqu'à 5 000 déplacés voire plus, a été attaqué par des jeunes venus de la ville de Duékoué vendredi 20 juillet. Une expédition dans ce lieu abritant une majorité d’autochtones de l’ethnie Guéré, considérés comme favorables à l'ex-président Gbagbo, en réaction à la mort de quatre personnes la nuit précédente. Ces dernières avaient été tuées par des inconnus dans le quartier de Kôkôma, où vit une majorité de Malinké, originaires du nord de la Côte d’Ivoire (eux sont considérés comme favorables à Allassane Ouattara).

Au moment où je vous parle, le camp n'existe plus. On sait qu'il y a des personnes qui ont été blessées par machette

Un habitant de Duékoué
21-07-2012 - Par Gaëlle Laleix

Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), les quelques casques bleus de l’ONUCI, la mission de l'ONU pour la Côte d'Ivoire - qui se trouvaient près du camp  - ont été débordés par la foule. Une foule composée de centaines de jeunes, accompagnés, selon plusieurs sources, d’éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée nationale) et de «dozos», ces chasseurs traditionnels, qui servent de supplétifs aux FRCI, spécialement dans l’ouest du pays depuis les combats de la crise post-électorale.

Installé sur plusieurs hectares, le camp a été entièrement incendié. Les déplacés ont fui vers la brousse, vers certains quartiers de la ville, et à la mission catholique de Douékoué.

Les quatre meurtres à l’origine de la tension auraient été provoqués par un braquage meurtrier. Des sources médicales indiquent que ces violences se sont aussi soldées par un bilan de «plusieurs dizaines de blessés» par balles et à l’arme blanche.

Une région régulièrement en proie à des tensions

Ces nouvelles violences surviennent dans une région marquée par des tensions régulières. Des tensions ethniques liées à la possession et à l’exploitation de la terre. La crise postélectorale est venue se greffer à ces conflits fonciers non résolus depuis des années.

Sur le bilan officiel de la crise dans tout le pays - 3 000 morts -, Duékoué en compte au moins 800. Ce samedi 21 juillet après-midi, tous les responsables de la sécurité au niveau national étaient réunis à l’état-major des forces républicaines de Côte d’Ivoire. Il n’y a, pour l’instant, aucune réaction publique officielle de la part des autorités ivoiriennes.

Ils sont brûlé le camp de personnes déplacées et toutes les 4 500 personnes ont disparu dans la forêt, aux alentours. Nous n'y avons pas accès pour le moment parce toutes les routes sont bloquées... Dans la communauté des humanitaires nous sommes tous consternés par la prolifération des armes dans les villages surtout dans l'ouest...

La situation est préoccupante comme l'explique Anne Encontre, représentante du HCR, au micro de Rosie Collyer
21-07-2012 - Par RFI

Dans un communiqué publié vendredi soir par l’ambassade des Etats-Unis à Abidjan, Washington condamne les attaques du camp de déplacés de Nahibly et demande au gouvernement ivoirien d’ouvrir une enquête et de poursuivre les responsables de ces attaques, ainsi que des mesures permettant d'assurer la protection des civils.

Le représentant spécial des Nations unies en Côte d'Ivoire, Bert Koenders, a également condamné «avec force» cette attaque. Il a demandé aux autorités ivoiriennes de faire plus d’efforts pour assurer la sécurité dans l’Ouest. Le chef de l’Onuci, qui n’a pas expliqué pourquoi les casques bleus n’avaient pas pu défendre le camp, dit vouloir renforcer la présence des soldats Onusiens à Douékoué.

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