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Procès de quatre Kényans: un cadre de la CPI répond aux accusations de néo-colonialisme
Le procès devant la Cour pénale internationale de quatre Kényans, dont deux candidats à la présidentielle, devrait se tenir en avril 2013, soit un mois après l'élection présidentielle. Les accusés, issus du camp du Premier ministre Raila Odinga et du camp de son ex-rival, le président Mwai Kibaki, sont poursuivis pour crimes contre l'humanité commis dans les violences postélectorales qui ont fait plus de mille morts en 2007. Phasiko Mochochoko, un haut responsable du bureau du procureur de la CPI, a tout d'abord interpellé le gouvernement kényan afin qu'il mette fin aux menaces dont sont victimes plusieurs témoins. Il a également répondu aux accusations formulées par des politiciens visés par la CPI.
Selon des observateurs à Nairobi, les deux candidats à l’élection présidentielle qui sont poursuivis par la CPI cherchent à retourner leur inculpation en leur faveur. Des politologues relèvent en effet que l'entourage du vice-Premier ministre Uhuru Kenyatta et de l’ex-ministre William Ruto, accuse leur concurrent, le Premier ministre Raila Odinga, d'avoir instrumentalisé la CPI, qu'ils présentent comme une organisation néo-impérialiste.
Phasiko Mochochoko, haut responsable au bureau du procureur de la CPI, a réfuté sans détour ces accusations, lors d'une conférence de presse dans la capitale kenyane. « La date du procès n'a rien à voir avec les élections, a-t-il affirmé. Les procédures qu’ouvre la CPI sont des procédures judiciaires, des procédures légales. Que vous soyez chef d'Etat, Premier ministre ou roi, si la CPI vous accuse d'avoir commis des crimes, vous ne pouvez pas invoquer d'immunité. »
Phasiko Mochochoko a également déclaré que les menaces à l'encontre des témoins devaient cesser. « Nous avons alerté le gouvernement kényan au sujet des intimidations de témoins, a ajouté le haut responsable. Les menaces envers les témoins doivent cesser. Si nous obtenons des informations qui indiquent que des personnes menacent des témoins, alors la CPI et le gouvernement kényan vont devoir travailler ensemble pour que ces personnes rendent des comptes ».
Le gouvernement kényan avait engagé une procédure pour que les quatre accusés soient jugés devant une juridiction nationale, mais il s'est heurté au refus de la CPI.

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