Côte d'Ivoire: l'audience de confirmation des charges contre l'ex-président Gbagbo reportée


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L'audience de confirmation des charges de Laurent Gbagbo est à nouveau reportée, a annoncé le vendredi 3 août la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye. C'est pourtant cette audience qui doit permettre aux juges de la Cour d'évaluer si le dossier de l'accusation est assez solide pour organiser le procès de l'ancien chef d'Etat de Côte d'Ivoire, soupçonné de crimes contre l'humanité pendant les violences post-électorales de 2010-2011. Un délai semble nécessaire pour examiner un rapport sur l'état de santé de Laurent Gbagbo.

« Laurent Gbagbo est-il physiquement apte ou non à suivre des audiences ? » C'est la question que devront trancher les juges de la CPI à la demande des avocats de l'ancien président ivoirien, qui ont réclamé que des médecins examinent Laurent Gbagbo.

C'est chose faite. Trois experts médicaux ont rendu un rapport il y a deux  semaines. La défense est pour l'instant la seule à avoir pu le consulter. Et pour Me Altit, avocat de Laurent Gbagbo, l'essentiel n'est plus de savoir si son client sera déclaré apte à subir un procès ou non : « Ces expertises médicales arrivent à la même conclusion : que le président Gbagbo a été victime de mauvais traitements émanant de tortures pendant les huit mois de détention à Korhogo. Nous disposons de la preuve que tous ceux qui ont prétendu qu'il avait été bien traité n'ont pas dit la vérité. Au lieu d'arriver comme quelqu'un d'accusé de tous les péchés du monde, le président Gbagbo arrivera à l'audience de confirmation des charges en tant que victime, la victime qu'il est. »

Voilà pour l'analyse que la défense fait de ce rapport médical. L'accusation, elle, ne l'a pas encore reçu. Elle formulera ses observations dans le courant du mois, comme la défense, avant que les juges ne prennent position.

C'est en tout cas ce qui explique ce deuxième report de l'audience de confirmation des charges, audience qui doit permettre de déterminer s'il y a matière ou non à un procès Gbagbo devant la CPI. La défense avait déjà demandé en juin 2012 un délai supplémentaire pour mieux s'y préparer et certains la soupçonnent de chercher à gagner du temps.