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Sadou Harouna Diallo, maire de Gao sur RFI : «Sauvez-nous avant qu’il ne soit trop tard»

Les habitants de Gao - ville située dans le nord du Mali et contrôlée par les islamistes qui tentent d’imposer la charia - ont connu ce week-end de nouveaux remous. Afin d’empêcher la sentence décidée par le Mouvement pour l'unicité du jihad en Afrique (Mujao), qui voulait trancher la main d’un voleur, la population s’est dressée contre ces extrémistes. Sadou Harouna Diallo est le maire de Gao. Au micro de RFI, il se félicite de l’attitude de cette jeunesse mais ne cache pas son inquiétude pour sa ville.

Sadou Harouna, est-ce que vous comprenez les manifestations de Gao ?

Je salue la jeunesse. L’ardeur, le courage et le patriotisme de la jeunesse de Gao ! Une jeunesse, qui fait face à des armes mains nues. Je leur dis : « Félicitations ! », et je les encourage à continuer la lutte.

C’est vous qui donnez des instructions ?

Naturellement. On a des jeunes là-bas, qu’on contrôle. J’ai des collègues de la commune qui sont là-bas, et ils font la résistance. Il y a une organisation très sérieuse à Gao. C’est pourquoi, particulièrement à Gao, depuis un certain moment, il n’y a pas eu beaucoup d’abus. Mais ces derniers temps, ce qui se passe, ce n’est pas le Mujao, ce n’est pas Ansar Dine, ce n’est pas le MNLA, mais c’est une partie de la jeunesse de Gao, qui a été formée par le Mujao. Ce sont eux qui font office de police dans la commune de Gao.

Comme le commissaire islamique, Aliou Mahamar Touré ?

Il est de père et de mère de Gao. Et tous les agents qui l’accompagnent sont de Gao. Mais aujourd’hui, ils sont plus farouches que les gens du Mujao. Ils ont terrorisé nos jeunes pour les retourner contre leurs propres familles. C’est ce fameux Aliou, le commissaire, qui veut tabasser les gens au bord du fleuve Niger, tous les matins. Il n’est pas un opérateur économique connu. Aujourd’hui, avec les moyens qu’il a eus avec le Mujao, il est devenu un homme puissant et il terrorise sa population. Sinon, le Mujao n’est pas dans la ville de Gao. Ils sont à quinze kilomètres de Gao. Ils viennent juste à Gao pour faire les affaires et ils repartent. Ceux qui font la justice à Gao aujourd’hui, ce sont quelques enfants perdus de Gao.

Comment vous expliquez que ces jeunes-là se soient ralliés aux islamistes ? Pourquoi est-ce qu’ils ont retourné leurs vestes, comme dites ?

Ils ont retourné leurs vestes, parce que c’est une population qui ne sent aucun secours venu de nulle part ! L’Etat malien est absent. Donc, ceux qui n’ont pas pu résister, n’ont fait que suivre pour leurs propres intérêts personnels - c’est cupide - le Mujao. Donc, ces derniers temps, quelques populations de Gao ont de l’estime pour le Mujao. Et ça, c’est un danger pour la République ! La population est une population fière et fidèle. Si jamais ces gens retournent leurs vestes, ils ne reviendront jamais.

Donc, vous appelez à l’auto-résistance, à l’auto-défense ?

Madame, c’est tout ce qui me reste, moi ! C’est tout. En tant que maire de la commune, j’ai des gens là-bas qui m’écoutent, et j’invite les jeunes à continuer la résistance. Aujourd’hui, notre armée, qui peut nous libérer, est ligotée aux mains et aux pieds par les politiciens. J’invite la jeunesse de Gao à continuer la lutte, sans faille. Les jeunes ne peuvent aller nulle part qu’à Gao. Donc, ils sont chez eux, et ils sont une majorité. C’est là qu’ils les terrorisent. Mais c’est une infime minorité !

Quand vous dites « l’armée est ligotée par les politiciens », qu’est-ce que vous voulez dire ?

Au Mali, nous avons une armée capable de libérer le nord. Ce qu’il nous faut, c’est les armes, les moyens logistiques pour nous libérer nous-mêmes. Moi, j’ai confiance en notre armée. Si on donne les moyens logistiques à notre armée, on libèrera Gao dans les 72 heures. On n’est pas face à des gens qui peuvent résister à notre armée.

Combien sont ces islamistes, en nombre, dans la ville de Gao aujourd’hui ?

Dans la ville de Gao, ils ne dépassent pas une centaine.

Le gouvernement malien à Bamako a condamné les derniers développements à Gao, dans un communiqué. Qu’est-ce que vous pensez de la réponse des autorités à la situation à Gao aujourd’hui ?

Mais les autorités ne peuvent que condamner cela. Ce que la population veut aujourd’hui, ce n’est pas une compassion quelconque. La population de Gao attend seulement qu’on dise : « L’armée vient demain, pour qu’ils s’occupent de ces gens-là. » Ce qui se passe à Gao aujourd’hui est grave, parce que, à Gao, de jour en jour, les gens n’ont plus confiance en leur Etat. Pour eux, l’Etat n’existe plus. L’Etat les a oubliés, l’Etat les a abandonnés !

Le président mauritanien a dit que son pays n’interviendrait pas au Mali, que « le problème était très complexe ». Est-ce que vous êtes déçu de cette réaction mauritanienne ?

Je suis très déçu, parce que moi, je fais partie d’une délégation qui est partie rencontrer le président mauritanien, et ce n’est pas à ce propos qu’il nous a parlé. C’est dommage. Il a dit, dans ces termes, que la libération du Nord est pour lui une obligation. Et alors, je suis étonné qu’aujourd’hui il fasse partie de ceux-là qui dit qu’il ne peut pas aider le Mali. Et avant, pourtant, il n’avait pas besoin de notre aide, pour taper sur nos frontières, pour chasser les islamistes. Pourquoi aujourd’hui, où le Mali tout entier demande l’aide des pays voisins ? Pourquoi lui, il se retire ?

Mais les autorités de Bamako n’ont pas fait une demande formelle pour l’envoi de troupes ouest-africaines...

Mais on a des représentants du peuple. Il y a plus de quatre mois, j’ai crié haut et fort : « Venez nous aider ! Venez à noter secours ! ». Mais on parle de tout, sauf de l’essentiel qui est le Nord, de libérer le Nord ! Aujourd’hui au Mali, on a besoin de l’intégrité du territoire pour pouvoir aller aux élections. Si jamais le Mali fait des élections sans le Nord, je ne serai pas Malien ! Donc, vraiment, sauvez-nous avant qu’il ne soit trop tard.

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