A l'ONU, le dossier de la force africaine pour le Mali piétine


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L’envoi d’une force africaine au Mali se fait attendre. Le Conseil de sécurité a demandé de nouvelles précisions avant de donner son feu vert lors d’une réunion avec la Cédéao et l’Union Africaine, mercredi 8 août 2012, à New York. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s’est inquiété d’une situation qui dégénère. 

Ban Ki-moon a demandé au Conseil de sécurité de prendre des sanctions contre les membres des groupes armés qui contrôlent le nord du Mali.

Les groupes armés dans le Nord ont commis de sérieuses violations des droits de l'Homme, des exécutions sommaires de civils, des viols et des tortures. Ansar Dine a également délibérément détruit 9 des 16 mausolées de Tombouctou, bafouant le classement de ces sites au Patrimoine mondial de l’humanité. Je demande au Conseil de sécurité d’envisager sérieusement d’imposer des sanctions ciblées, interdiction de voyager et sanctions financières, contre les individus et les groupes engagés dans des activités terroristes ou criminelles au Mali.
Ban Ki-moon : «Je demande au Conseil d'envisager des sanctions ciblées»
10-10-2013 - Par Karim Lebhour

Le déploiement d'une force africaine se fait attendre

La Cédéao se dit prête à envoyer une force de quelque 3.300 soldats au Mali mais, malgré plusieurs réunions à l’ONU, ce déploiement piétine rapporte notre correspondant à New York, Karim Lebhour.

Le Conseil de sécurité se dit prêt à autoriser l’envoi de cette force à condition, souligne le représentant français, Gérard Araud, que la Cédéao et le gouvernement malien en fasse officiellement la demande. Ce qui n’est toujours pas le cas. « Nous attendons simplement que la Cédéao présente sa demande. La question doit s’adresser à la Cédéao ; nous du côté du conseil de sécurité nous sommes dans une position d’attente : nous attendons que la demande soit formulée par le gouvernement du Mali et par la Cédéao.» explique Gérard Arau au micro de Karim Lebhour.

Le Conseil n’a pas non plus été convaincu par le plan de stratégie militaire présenté par la Cédéao. L’ONU attend de connaître avec plus de détails l’ordre de bataille et la chaîne de commandement de cette force africaine qui devra remettre sur pied l’armée malienne et entamer la reconquête du Nord.

Les diplomates africains assurent qu’il ne s’agit plus que d’une question de semaines. Une dernière réunion de planification militaire doit se tenir à partir de ce jeudi 9 août et jusqu’à lundi à Bamako.