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Cadman Atta-Mills: «John a bâti le Ghana moderne»

John Atta-Mills sera inhumé ce vendredi 10 août à Accra. L'ancien président du Ghana est décédé brusquement le 24 juillet dernier dans l'exercice de ses fonctions. Quel héritage laisse-t-il ? Cadman Atta-Mills, le frère et conseiller économique du président défunt, est l'invité de Charlotte Idrac.
Quel est votre sentiment en ce jour d’obsèques de votre frère ?
Cadman Atta-Mills : Evidemment, son départ a été un choc. Il était totalement inattendu. Mais, même si je suis en deuil, même si la nation est en deuil, je me sens très encouragé parce qu’il laisse un Ghana bien uni, en paix, et qui a pu montrer à tout le monde que la transition politique peut se faire dans la tranquillité, dans la transparence et sans acrimonie.
C’est ça que le Ghana retiendra du mandat du président John Atta-Mills ?
Il y a plusieurs choses. D’abord en tant qu’homme, je pense que le Ghana va retenir le fait qu’il était très humble. Quelqu’un de très religieux, chrétien, mais qui avait du respect pour tout le monde, toutes les religions. Quelqu’un qui avait du respect pour le processus politique et qui pensait qu’on pouvait être un politicien, mais en même temps fair-play dans le processus : avoir le pouvoir, pas pour avoir le pouvoir, mais pour transformer la vie des gens.
Il avait un projet de société qui avait pour but de promouvoir l’excellence en éducation, pour bâtir un Ghana moderne, doté d’appareils productifs importants. Et je pense que c’est ça qui est le plus important. En très peu de temps, il a beaucoup fait pour le Ghana : sur le plan des infrastructures productives - l’électrification rurale a été multipliée - sur le plan des infrastructures d’éducation, sur le plan des infrastructures sanitaires ; il a beaucoup fait également sur le plan de l’énergie, sur le plan des télécommunications, sur le plan du transport, et ainsi de suite.
Le Ghana est, depuis récemment, un important producteur de pétrole. Le président John Atta-Mills avait mis en garde publiquement contre des risques, puisque c’est une chance, mais cela comporte aussi des risques de mauvaise gestion, de corruption, ou encore d’enlèvements, comme on le voit au Nigeria. Ce sera l’un des grands enjeux de l’avenir de votre pays ?
Exactement. Je pense qu’il a pu obtenir de gérer les ressources pétrolières dans la transparence, et rendre compte à la nation de ce qu’on obtient. Et aussi, pour utiliser les ressources matérielles en général, y compris le pétrole, l’or, pour transformer l’économie du Ghana.
Pour la suite du processus démocratique, la présidentielle aura lieu comme prévu en décembre. John Atta-Mills devait être le candidat du NDC, le Congrès national démocratique. Qui sera le nouveau candidat ?
Ce sera le président John Dramani Mahama. Avant le 1er septembre, il y aura un congrès où j’espère que [cette élection] sera ratifiée. Et nous sommes prêts à tout faire pour assurer son élection.
Est-ce que ce sera une formalité ou est-ce qu’il y aura de la concurrence ?
J’espère qu’il n’y aura pas de concurrence. Il nous reste très peu de temps pour recommencer le processus depuis le début.
Est-ce qu’il n’y a pas un risque que les divisions resurgissent, au sein du NDC ? On se souvient des primaires de juillet 2011, qui avaient été tendues, avec la candidature malheureuse de Nana Konadu Rawlings, l’épouse de l’ancien président...
Non, je pense que le président Atta-Mills a pu réunir le parti derrière lui. Et le président John Dramani Mahama est héritier d’un parti très uni derrière lui.
Est-ce que, selon vous, la prochaine élection présidentielle sera très disputée ?
Je n’ai pas vraiment l’esprit à discuter, concernant les élections à venir. Nous espérons que le président John Dramani Mahama gagnera. Mais je ne suis pas prêt à faire une analyse concernant ce sujet-là.
Certains détracteurs trouvaient le président John Atta-Mills trop tendre. Est-ce qu’il a été suffisamment ferme, selon vous ?
Etant très proche de lui, je sais que c’était un monsieur qui avait de la détermination, qui était prêt à aller jusqu’au bout, dans ses convictions. Il avait un style de gouvernement qui était très, très démocratique, évidemment, mais je ne l’ai pas trouvé du tout trop tendre. Mais les autres peuvent avoir leur idée.
Il n’était pas que passionné par la politique. Il était aussi passionné de sport, de football notamment. C’est une autre facette du président ?
Oui, il était un bon footballeur. Mais aux jeux de hockey aussi. D’ailleurs il a joué pour l’équipe nationale de hockey. Il n’était pas seulement politicien. Il était aussi académicien. Il a enseigné à la faculté de droit pendant très longtemps. Il avait aussi travaillé en tant que commissaire aux impôts pendant sept ans.
Sur son caractère, qu’est-ce qu’on peut en dire ? C’était quelqu’un de très posé, de très réfléchi, de très sérieux ?
En privé, il n’était pas vraiment très sérieux. Il avait un sens de l’humour tellement incroyable ! Ça, c’est l’aspect privé que les gens ignorent totalement. Il était très drôle. Il mettait tout le monde à l’aise, et nous sommes très fiers de lui.

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(2) Réactions
Cadman Atta-Mills: «John a bâti le Ghana moderne»
Je comprend l'emotion et le sentiment de cadman Atta-Mills pour son frere lorsqu'il declare que "John (Atta Mills) a bati le Ghana moderne"...Ce qui n'est pas vrai...Le vrai constructeur du Ghana moderne est et restera Jerry Rawlings...John est reste fidele a cette ligne laisse par celui dont il fut le vice president et dauphin.
L'exemple du Ghana peut-il servir dans les autres pays africains
Lorsqu'on compare la situation du Ghana à celle des autres pays de la Sous-Région,on se rend compte que la vie politique au Ghana repose sur des bases relativement saines par rapport à ce qu'on observe dans les pays voisins.
Ici,les partis politiques jouent clairement et honnêtement le jeu de la démocratie, et la corruption est effectivement combattue par les dirigeants politiques.
Dans les pays voisins, le parti politique est presque souvent conçu comme une entreprise privée financée essentiellement par un seul homme qui en est le P.D.G.Il pourvoit à tous les besoins du parti et, en cas de victoire,les prélèvements qui sont opérés sur les deniers publiques sont considérés par lui comme un retour sur investissement légitime. Et comme une entreprise privée est transmise à l'héritier de son promoteur, il n'est pas étonnant que les descendants du leader héritent (ou tentent d'hériter) du pouvoir après la retraite ou le décès de leur géniteur.