Procès Bemba : la défense se penche sur l'équipement du Mouvement de libération du Congo


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L’ancien vice-président congolais et chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), Jean-Pierre Bemba, est poursuivi devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, crimes qu’auraient commis ses hommes en Centrafrique en 2002-2003. La Cour a déjà entendu 40 témoins de l’accusation entre novembre 2010 et mars dernier. Ce mercredi 15 août, la défense a poursuivi l'audition de ses témoins. L'expert miliaire présenté la veille a de nouveau été entendu.

Le général de brigade français à la retraite Jacques Seara a poursuivi son témoignage débuté le mardi 14 août. Il a été question, ce mercredi, de points très concrets : par qui étaient armés les hommes du Mouvement de libération du Congo entre novembre 2002 et mars 2003 en Centrafrique ? Par qui étaient-ils habillés ? Quelle était leur tenue ? Par qui étaient-ils équipés en moyens de communication ? Ou encore qui prenait en charge les frais d’alimentation ?

Les avocats de Jean-Pierre Bemba ont notamment présenté un document du ministère de la Défense centrafricain, une note datée de janvier 2003, qui autorise la dotation des forces du MLC en armement, en uniformes, l’attribution de fréquences radio et la mise en place d’un commandement conjoint et unifié. Un autre message du chef d’état-major des forces centrafricaines fait état de la mise à disposition du MLC de moyens logistiques, de carburant et de véhicules également.

Pour le témoin expert, cela confirme donc l’intégration des forces du MLC au sein des forces centrafricaines. Et pour la défense, il s’agit toujours de prouver que Jean-Pierre Bemba n’avait pas le contrôle effectif de ces hommes et qu’il n’est donc pas responsable des viols, des meurtres et des pillages commis en Centrafrique.

Ils sont venus pour la plupart de Belgique, sans bagage mais avec des sandwiches pour la pause déjeuner. Beaucoup ont profité du jour férié de l’Assomption pour faire le déplacement.

Pour Charles, c’est la première fois : « Moi, je suis venu pour la première fois, parce que je ne fais pas partie du MLC. Je ne fais partie d’aucun parti politique. Je me suis dit que le monsieur qui est là, c’est un "bâtiment" de notre pays. Il est de mon devoir de savoir ce qui se passe à son sujet ».

D’autres sont des habitués des lieux, comme Joseph Mbeka, qui n’est pas venu seul : « le tout c'est avant tout d'être solidaire. Donc, nous sommes venus en groupe, pour soutenir le sénateur Jean-Pierre Bemba, contre une machine. Si condamnation il doit y avoir, que cela repose au niveau de la chaîne de commandement première, c’est à dire la République centrafricaine qui a fait appel à des troupes ».

Jean-Jacques Mbungani, lui, en est convaincu : Jean-Pierre Bemba va prouver son innocence, avant un retour en politique, espère le représentant du MLC au Benelux : « Aujourd’hui, son parti politique est le deuxième parti politique de l’opposition. Jean-Pierre Bemba a une réelle place demain, s’il est libre dans l’échelle politique de notre pays ».

Jean-Pierre Bemba a-t-il conscience, derrière la vitre qui le sépare du public, du soutien de ses partisans ? Tony, lui en est persuadé : « Il voit les Congolais, il nous voit. Il est content et ça le rassure. Nous sommes vraiment une famille, aujourd’hui, il doit rentrer à la maison ».